SpaceX bride Starlink à 160 km/h en Ukraine, quatre jours après qu’Elon Musk a jugé que « Zelensky est allé trop loin »
Dans la nuit du 13 au 14 octobre 2026, SpaceX a bridé les terminaux Starlink de l'armée ukrainienne, qui perdent désormais la connexion au-delà de 160 km/h. La mesure arrive quatre jours après qu'Elon Musk a écrit que Volodymyr Zelensky « est allé trop loin »..
Dans la nuit du 13 au 14 octobre 2026, SpaceX, l'entreprise d'Elon Musk, a imposé une restriction technique aux terminaux Starlink utilisés par l'armée ukrainienne. Ces appareils, qui fournissent une connexion internet par satellite, voient leur débit coupé dès que leur vitesse dépasse 160 km/h. Cette limitation pénalise particulièrement les drones ukrainiens de longue portée, capables de voler bien au-delà de cette vitesse. Serhii Beskrestnov, conseiller de Volodymyr Zelensky pour les technologies de défense, a confirmé sur Telegram que cette mesure n'a pas été annoncée à l'Ukraine et a déjà fait échouer plusieurs missions militaires. SpaceX propose une version spécifique de Starlink pour les gouvernements et armées, appelée StarShield, qui est ici concernée par ce bridage.
Cette restriction intervient quatre jours après qu'Elon Musk a critiqué publiquement Volodymyr Zelensky sur X (ex-Twitter), déclarant que « Zelensky est allé trop loin ». Ces propos s'inscrivent dans un contexte géopolitique complexe : en octobre 2026, Donald Trump, alors président des États-Unis, a négocié un accord avec la Russie pour importer 4,8 millions de tonnes de diesel russe, malgré l'interdiction américaine en vigueur depuis 2022. Trump reproche à l'Ukraine de ne pas assez œuvrer pour la paix et de cibler les infrastructures pétrolières russes, ce qui a poussé Washington à exercer une pression indirecte sur Kiev. L'Ukraine, de son côté, refuse de suspendre ses frappes tant que la Russie ne cesse pas ses attaques contre ses propres installations énergétiques.
Plusieurs observateurs, dont Serhii Sternenko, militant et ancien conseiller du ministre ukrainien de la Défense, soupçonnent que la décision de SpaceX pourrait être influencée par l'administration Trump. Bien qu'aucune preuve formelle ne soit apportée, cette hypothèse s'appuie sur les tensions récentes entre les États-Unis et l'Ukraine. Sternenko a partagé sur X que « le fonctionnement des terminaux Starlink a été restreint », précisant que les terminaux fixes (non mobiles à haute vitesse) fonctionnent normalement. Cette mesure ne peut toucher que les équipements ukrainiens, car depuis février 2026, SpaceX a mis en place une liste blanche pour bloquer l'accès aux terminaux russes, limitant leur usage à l'armée ukrainienne.
La restriction à 160 km/h handicape directement les drones ukrainiens, essentiels pour des missions de longue portée, tandis que les véhicules terrestres sont rarement concernés. Yaroslav Trofimov, correspondant du *Wall Street Journal*, rappelle que Starlink ne fonctionne pas au-dessus du territoire russe, mais que l'Ukraine dispose d'autres moyens de guidage pour ses frappes, notamment contre les infrastructures pétrolières russes. Malgré les tensions, l'Ukraine maintient ses opérations, refusant de se plier à l'accord énergétique négocié entre les États-Unis et la Russie, qu'elle juge non contraignant. Cette situation illustre les divisions croissantes entre Kiev et Washington sur la stratégie à adopter face à la guerre.

