Stelco invoque une chute de 58 % de ses exportations pour justifier ses licenciements
Cette réponse fait suite aux exigences d'Ottawa sur le maintien des emplois canadiens par Cleveland-Cliffs..
Stelco est une entreprise canadienne spécialisée dans la production d’acier, notamment d’acier laminé à froid (acier traité pour être plus résistant et plus fin) et d’acier revêtu (recouvert d’une couche protectrice pour éviter la corrosion). Selon l’entreprise, ses exportations de ces produits vers les États-Unis ont chuté de 58 % depuis le début de la guerre tarifaire entre les deux pays. Cette guerre tarifaire désigne une série de mesures protectionnistes, comme des taxes douanières, imposées par les États-Unis sur les importations d’acier canadien pour protéger leur propre industrie. Par exemple, au deuxième trimestre de 2026, Stelco a exporté 226 000 tonnes d’acier de moins vers les États-Unis par rapport à la moyenne trimestrielle de 2024. Cette baisse s’explique principalement par les tarifs douaniers américains, qui rendent les exportations canadiennes moins compétitives sur le marché américain.
En plus de la chute des exportations, Stelco subit une forte concurrence des importations d’acier étranger. Selon l’entreprise, ces importations représentent désormais 45 % de la part de marché canadien pour les produits d’acier laminé et revêtu, malgré les efforts du gouvernement canadien pour limiter ces importations. Ottawa a mis en place des restrictions pour protéger l’industrie locale, mais ces mesures ne suffisent pas à compenser l’afflux d’acier étranger. Stelco estime que cette combinaison de facteurs (baisse des exportations, hausse des importations et ralentissement de la demande locale) a réduit son marché de plus d’un million de tonnes d’acier par an. Cela représente environ le double de sa production annuelle habituelle, ce qui met en péril sa rentabilité et sa capacité à maintenir ses activités.
Face à cette situation, Stelco a annoncé son intention de licencier jusqu’à 500 salariés dans ses usines situées à Hamilton et sur les rives du lac Érié, en Ontario. L’entreprise justifie ces licenciements par la chute de ses exportations, la hausse des importations et le ralentissement de la demande locale. Paul Simon, président et directeur juridique de Stelco, affirme que ces décisions ne violent pas les engagements en matière d’emploi pris par Cleveland-Cliffs, le propriétaire américain de Stelco, lors de l’acquisition de l’entreprise en 2024. Il considère que les droits de douane américains et la concurrence accrue ont radicalement changé les conditions du marché, rendant ces licenciements nécessaires pour adapter l’entreprise à la nouvelle réalité économique.
La ministre canadienne de l’Industrie, Mélanie Joly, a réagi à l’annonce des licenciements en rappelant que les engagements en matière d’emploi de Stelco restent légalement contraignants, malgré les changements du marché. Dans une déclaration publique, elle a précisé que toutes les options, y compris des poursuites judiciaires, sont envisagées pour faire respecter ces engagements. Stelco a répondu en maintenant ses projets de mise à l’arrêt de certaines activités à Hamilton, malgré l’avertissement de la ministre. Cette situation crée un conflit entre l’entreprise, qui invoque des raisons économiques pour justifier ses licenciements, et le gouvernement, qui cherche à protéger les emplois et l’industrie locale.
L’acquisition de Stelco par Cleveland-Cliffs en 2024 était accompagnée d’engagements en matière d’emploi, que le gouvernement canadien considère comme obligatoires. Cependant, l’évolution des politiques commerciales américaines, notamment les tarifs douaniers imposés depuis 2026, a profondément perturbé le marché de l’acier. Stelco, comme d’autres producteurs canadiens, se retrouve dans une position difficile : ses exportations vers les États-Unis, son principal marché, sont en chute libre, tandis que les importations d’acier étranger continuent de croître. Cette situation illustre les tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis, ainsi que les défis auxquels font face les industries locales face à la concurrence internationale.

