Kiev affirme avoir détruit plus de la moitié des capacités russes de raffinage de pétrole
L’Ukraine a attaqué de nombreuses raffineries en Russie cette année, provoquant des pénuries de carburant dans le pays..
Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine en février 2022, l’Ukraine mène des attaques à longue portée contre des infrastructures pétrolières russes. Ces frappes visent spécifiquement les raffineries, des usines qui transforment le pétrole brut en carburants comme l’essence ou le diesel. Selon le ministère ukrainien de la Défense, ces attaques ont neutralisé 51 % des capacités de raffinage de pétrole de la Russie, soit plus de la moitié de son industrie pétrolière. Les principales raffineries touchées se situent à Moscou, Iaroslavl, Oust-Louga, Perm, Saratov et Syzran. Ces infrastructures sont essentielles pour l’économie russe, car la Russie est le troisième producteur mondial de produits pétroliers raffinés, derrière les États-Unis et la Chine. Les frappes ukrainiennes perturbent ainsi l’approvisionnement en carburant du pays, affaiblissant sa capacité à soutenir son armée et son économie.
Les attaques ukrainiennes ont des répercussions majeures sur l’économie russe. Le président Vladimir Poutine a reconnu que ces frappes avaient coûté environ 1 % du produit intérieur brut (PIB) de la Russie, soit une perte économique significative. La production de diesel a chuté d’environ 30 %, et les automobilistes russes ont parfois dû attendre jusqu’à 40 heures pour faire le plein dans les stations-service. Pour compenser, les raffineurs russes ont dû reporter des opérations de maintenance, remettre en service des unités hors service et abaisser les normes de qualité des carburants. Ces mesures risquent d’endommager les moteurs et les équipements de contrôle de la pollution. Le Kremlin a également interdit les exportations de diesel, ce qui a fait grimper les prix mondiaux et a poussé le président américain Donald Trump à demander à l’Ukraine de cesser ces attaques.
L’Ukraine justifie ses frappes par leur impact sur la capacité de la Russie à mener la guerre. Le ministre ukrainien de la Défense, Ievheniy Khmara, a déclaré que ces attaques visaient à affaiblir l’économie russe et à réduire sa capacité à approvisionner ses troupes. Selon lui, cinquante et un pour cent des capacités de raffinage touchées constituent un coup dur pour l’agresseur. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) souligne que certaines raffineries ont été frappées jusqu’à 15 fois depuis 2022, créant un cycle de dégâts et de réparations d’urgence qui dégrade les installations à long terme. Les frappes ciblent aussi des équipements complexes, dont la réparation prend des mois, comme ceux chargés d’éliminer les impuretés du carburant.
La Russie n’a pas communiqué publiquement de données sur les dégâts causés à ses infrastructures pétrolières. Cependant, Vladimir Poutine a admis que les frappes ukrainiennes avaient causé des pertes économiques, tout en minimisant leur impact global. Parallèlement, la Russie intensifie ses attaques aériennes contre les villes ukrainiennes, notamment Kharkiv, où un drone russe a fait un mort et six blessés le 1er octobre. Ces attaques visent des infrastructures énergétiques et des bâtiments administratifs, et s’inscrivent dans une stratégie plus large de pression sur la population civile. L’Ukraine, de son côté, a installé des tourelles automatisées contrôlées par l’intelligence artificielle pour contrer les drones russes de type Shahed.
Les tensions entre les deux pays s’étendent au-delà des champs de bataille. La Russie a appelé les diplomates et étrangers à quitter Kiev, une ville régulièrement ciblée par des frappes. Par ailleurs, un obus tiré par la Russie a endommagé un poste-frontière entre l’Ukraine et la Moldavie, blessant légèrement un agent des services frontaliers. Cet incident illustre l’ampleur des dégâts collatéraux causés par la guerre. Enfin, la fermeture temporaire du poste-frontière de Palanca-Mayaky-Udobne rappelle les risques humanitaires et logistiques liés à l’escalade du conflit. Ces événements s’ajoutent à une dynamique de confrontation qui dure depuis plus de quatre ans.

