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Environnement

Des protections menstruelles réutilisables désormais remboursées par la Sécurité sociale

Reporterre · mis à jour 2 oct.

Les protections hygiéniques réutilisables sont remboursées depuis le 1ᵉʳ octobre par la Sécurité sociale pour les moins de 26 ans sans condition de ressources, et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire, sans condition d'âge. Cette mesure avait été annoncée par Élisabeth Borne, Première ministre en mars 2023.

Nouveauté 2024

Depuis le 1er janvier 2024, la Sécurité sociale française rembourse partiellement les protections menstruelles réutilisables, comme les culottes menstruelles ou les serviettes lavables. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’un décret publié en décembre 2023, qui étend le remboursement des produits d’hygiène féminine à ces alternatives durables. Auparavant, seuls les tampons et serviettes jetables étaient pris en charge à hauteur de 60 %, dans la limite de 25 € par an. Désormais, les protections réutilisables bénéficient du même taux de remboursement, soit 60 %, avec un plafond annuel de 50 €. Cette décision vise à encourager une transition vers des solutions moins polluantes et plus économiques sur le long terme.

Produits concernés

Les protections menstruelles réutilisables concernées par ce remboursement incluent principalement les culottes menstruelles, les serviettes lavables et les coupes menstruelles (ou cup). Ces produits fonctionnent sur le principe de la réutilisation après lavage, contrairement aux protections jetables. Les culottes menstruelles, par exemple, sont des sous-vêtements intégrant une couche absorbante lavable, tandis que les serviettes lavables sont des alternatives réutilisables aux serviettes jetables. La cup est un petit récipient en silicone ou en caoutchouc médical que l’on insère dans le vagin pour recueillir le flux menstruel. Ces produits sont souvent présentés comme plus écologiques, car ils génèrent moins de déchets que les protections jetables, dont la durée de vie est limitée à quelques heures.

Motivations écologiques

Le remboursement de ces protections s’inscrit dans une démarche écologique et de santé publique. Selon l’Agence de la transition écologique (ADEME), une femme utilise en moyenne 10 000 protections jetables au cours de sa vie, ce qui représente environ 150 kg de déchets par personne. Les protections réutilisables, elles, peuvent durer plusieurs années si elles sont bien entretenues. Leur adoption permet donc de réduire significativement l’empreinte environnementale des règles. Par ailleurs, ces produits évitent l’exposition à certains produits chimiques présents dans les protections jetables, comme les perturbateurs endocriniens ou les pesticides utilisés pour blanchir le coton.

Conditions de remboursement

Pour bénéficier du remboursement, les protections réutilisables doivent être achetées en pharmacie, en parapharmacie ou en ligne sur des plateformes agréées. Les produits doivent porter le marquage CE (Conformité Européenne), garantissant leur sécurité et leur conformité aux normes sanitaires. Le remboursement est automatique : il suffit de présenter une ordonnance, délivrée par un médecin, une sage-femme ou un pharmacien, ou de se rendre dans une pharmacie avec une attestation de remboursement. Le plafond de 50 € par an s’applique à l’ensemble des protections réutilisables, et non par produit. Les femmes peuvent donc cumuler différents types de protections (culottes, serviettes, cup) dans cette limite.

Réactions et enjeux

Cette mesure a été saluée par les associations féministes et écologistes, comme le Collectif 50/50, qui militent depuis des années pour une meilleure prise en charge de l’hygiène menstruelle. Cependant, certaines critiques soulignent que le plafond de 50 € reste insuffisant pour couvrir l’achat de plusieurs culottes menstruelles, dont le prix unitaire varie entre 20 € et 50 €. Par exemple, une culotte menstruelle coûte en moyenne 30 €, et il est recommandé d’en posséder au moins trois pour couvrir un cycle. Le remboursement ne couvre donc qu’une partie des coûts, limitant son accessibilité pour les ménages modestes. Par ailleurs, cette mesure ne s’applique qu’aux protections réutilisables, excluant les coupes menstruelles jetables ou les éponges naturelles.

Ce que ça pourrait changer

La France n’est pas le premier pays à adopter une telle mesure. En Écosse, les protections menstruelles, y compris les réutilisables, sont gratuites depuis 2020 pour toutes les femmes et personnes menstruées. Au Canada, certaines provinces comme l’Ontario remboursent partiellement les protections réutilisables depuis 2021. En France, cette initiative s’inscrit dans une politique plus large de réduction des inégalités sociales liées aux règles, comme la gratuité des protections jetables dans les établissements scolaires et universitaires depuis 2021. Elle reflète aussi une tendance croissante à intégrer la santé menstruelle dans les politiques publiques de santé environnementale.

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