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Géopolitique

“Journée surréaliste” pour l’équipe d’Irlande avant son match contre Israël

Courrier International · mis à jour 27 sept.

Les Irlandais affrontent ce dimanche Israël en Hongrie dans le cadre de la Ligue des Nations. Mais il a fallu des heures de débat entre les joueurs pour déterminer s’ils allaient manifester leur soutien à la Palestine.

Contexte du match

L’équipe de football d’Irlande doit affronter Israël dans le cadre de la Ligue des Nations le 27 septembre 2026. Ce match, initialement prévu à Dublin, a été déplacé en Hongrie puis en Serbie en raison de craintes d’incidents liés au conflit israélo-palestinien. Le premier match se joue à Debrecen, en Hongrie, avec seulement 1 000 spectateurs, dont 500 supporters israéliens et une centaine d’Irlandais. Le second match, prévu en Serbie à huis clos, devait initialement avoir lieu en Irlande, mais la fédération irlandaise (FAI) a préféré éviter tout risque de tensions locales. Ce déplacement illustre les tensions géopolitiques entourant ce match, l’Irlande étant perçue comme le pays européen le plus engagé en faveur de la cause palestinienne.

Décision de Bazunu

Gavin Bazunu, gardien de l’équipe d’Irlande et joueur des Bolton Wanderers, a annoncé qu’il ne participerait pas au match contre Israël pour des raisons personnelles et religieuses. Dans un message publié sur Instagram, il a expliqué que sa décision reposait sur sa foi et son opposition à la violence contre les civils, déclarant : "Tuer des innocents est mal". Bazunu, qui est un homme de foi, a souligné que représenter son pays comptait énormément pour lui, mais qu’il ne pouvait concilier ce devoir avec ses convictions. Cette prise de position a déclenché une série de débats au sein de l’équipe et de la fédération, transformant la préparation du match en une journée marquée par des tensions et des décisions inhabituelles.

Débats en équipe

La décision de Gavin Bazunu a provoqué un débat intense parmi ses coéquipiers. Les joueurs ont dû se prononcer sur leur participation au match, ce qui a conduit la fédération irlandaise (FAI) à reporter de plus de cinq heures la conférence de presse d’avant-match ainsi que l’entraînement. Un vote a finalement été organisé, et une majorité significative des joueurs a choisi de jouer, selon un dirigeant de la FAI. Cependant, selon The Independent, quatorze joueurs auraient décidé de disputer la rencontre, tandis que huit s’y seraient opposés. Bazunu, quant à lui, s’est senti mis à l’écart par une partie de ses coéquipiers, ce qui a contribué à une journée qualifiée de "surréaliste" par les médias.

Réactions et brassards

Malgré leur participation au match, les joueurs irlandais ont décidé de porter un brassard noir en soutien à la Palestine. Le sélectionneur irlandais, Heimir Hallgrímsson, a tenu à préciser que jouer le match ne signifiait pas soutenir les actions d’Israël à Gaza, mais simplement respecter les règles sportives. De leur côté, les Israéliens ont adopté une attitude neutre, prêts à serrer la main de leurs adversaires comme lors de n’importe quel match. Dor Peretz, milieu de terrain israélien, a commenté cette situation en déclarant que "ceux qui ont perdu sont ceux qui ont voulu faire du terrain une arène politique", soulignant ainsi les tensions liées à l’instrumentalisation du sport dans ce conflit.

Réactions médiatiques

La gestion de ce match par la fédération irlandaise (FAI) a été critiquée par plusieurs médias. The Irish Times a qualifié la journée de samedi de "jour de honte" et a pointé un "sérieux manque de leadership au sein de la FAI". Les débats internes, les reports d’entraînement et les divisions au sein de l’équipe ont attiré l’attention des médias internationaux, transformant ce match en un symbole des tensions géopolitiques. La FAI a été accusée de mauvaise gestion, notamment pour avoir laissé les joueurs s’interroger publiquement sur leur participation, alors que le rôle d’une fédération est généralement de présenter une équipe unie et soudée.

Ce que ça pourrait changer

Ce match s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu, où l’Irlande est perçue comme le pays européen le plus engagé en faveur de la Palestine. L’Irlande a en effet apporté un soutien marqué à la cause palestinienne, ce qui a valu au pays d’être surnommé la *"Palestine de l’Europe"* par certains médias. Le conflit israélo-palestinien, marqué par des tensions récurrentes à Gaza et en Cisjordanie, influence désormais des domaines inattendus comme le sport. Les fédérations sportives, comme la FAI, se retrouvent prises entre le respect des règles sportives et les pressions politiques ou morales exercées par leurs joueurs ou l’opinion publique.

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