Muse Image sous le feu des critiques : Meta fait machine arrière dans Instagram
Très critiqué pour les enjeux de vie privée posés par son nouveau modèle Muse Image, Meta a décidé de suspendre l’outil permettant de générer des images en utilisant des photos d’autres utilisateurs Instagram. L’expérience aura fait long feu.
Le 8 juillet 2026, Meta a lancé Muse Image, un outil intégré à son chatbot Meta AI et déployé sur Instagram. Ce modèle permet aux utilisateurs de générer de nouvelles images à partir de photos existantes, en appliquant des transformations comme des filtres ou des styles artistiques (ex. : aspect pâte à modeler). Une fonctionnalité permettait aussi de représenter d'autres utilisateurs Instagram en mentionnant simplement leur pseudo (handle). L'outil s'appuyait sur des algorithmes d'intelligence artificielle (IA) capables d'analyser et de modifier des images de manière automatisée. Dès son lancement, Muse Image a suscité des controverses en raison de ses implications pour la vie privée et le droit à l'image des utilisateurs.
L'un des principaux reproches adressés à Meta concernait le mode de consentement pour l'utilisation des images. L'outil fonctionnait selon le principe de l'opt-out : les utilisateurs étaient automatiquement inclus dans le système, à moins d'activer manuellement une option dans les paramètres de leur compte, sous l'onglet Partages et réutilisations. Cette approche a été jugée intrusive par de nombreux internautes, car elle ne nécessitait pas un consentement explicite (opt-in) pour réutiliser leurs images. Des personnalités comme Hannah Einbinder, actrice de la série Hacks, et le syndicat hollywoodien SAG-AFTRA ont critiqué cette méthode, la qualifiant d'incompréhension totale de l'opinion publique face aux risques évidents liés à ce type d'utilisation.
Les critiques envers Muse Image portaient sur plusieurs risques majeurs. D'abord, la possibilité de générer des deepfakes (images truquées réalistes) posait des problèmes éthiques et juridiques, notamment en matière de désinformation ou de harcèlement. Ensuite, l'outil pouvait enfreindre les droits d'auteur, car Instagram est largement utilisé par des artistes pour promouvoir leur travail. Enfin, des craintes existaient quant à l'exploitation commerciale non autorisée des images des utilisateurs. Ces enjeux rappelaient des scandales similaires, comme la vague de deepfakes pornographiques ayant touché la plateforme X en 2025, où des fonctionnalités comparables avaient été déployées sans consentement clair.
Face à la pression des utilisateurs, des célébrités et des syndicats, Meta a annoncé le 13 juillet 2026 la suspension de la fonctionnalité permettant d'utiliser les images d'autres utilisateurs dans Muse Image. L'entreprise a reconnu que l'outil n'avait pas répondu aux attentes et a modifié les paramètres pour supprimer toute référence à l'IA dans les options de réutilisation. Désormais, les utilisateurs ne peuvent plus être mentionnés dans les images générées, et les encarts explicatifs ont été simplifiés. Seule la réutilisation des reels (vidéos verticales) reste possible, avec un consentement explicite pour l'audio. Cette décision s'inscrit dans une tendance plus large : OpenAI avait déjà abandonné son outil Sora 2 en mars 2026 pour des raisons similaires.
La suspension de *Muse Image* illustre un changement dans la perception des outils d'IA générative par le public. Les entreprises comme Meta et OpenAI, qui avaient initialement opté pour des systèmes *opt-out*, semblent désormais plus sensibles aux critiques. Les syndicats comme *SAG-AFTRA* ont joué un rôle clé en alertant sur les dangers de ces technologies, tandis que des célébrités ont utilisé leur influence pour dénoncer ces pratiques. Ce retrait intervient dans un contexte où les régulations sur l'IA et la protection des données se renforcent, notamment aux États-Unis, où des lois pourraient bientôt encadrer strictement l'utilisation des images personnelles sans consentement.

