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Généraliste

La route est encore longue

Le Devoir · mis à jour 9 sept.

À cinquante ans, j’ai assez de kilomètres au compteur pour repérer les raccourcis intellectuels des politiciens..

Cinquante ans : un cap

L’autrice, Salomé Corbo, aborde son cinquantième anniversaire comme un moment charnière où les priorités évoluent. Elle décrit cette étape de la vie comme une période de sérénité et de contemplation, où l’impatience de la jeunesse cède la place à une acceptation plus sereine du temps nécessaire pour que les choses se concrétisent. Elle évoque un changement progressif, marqué par une attention accrue aux détails quotidiens, comme le jardinage, plutôt qu’à des préoccupations superficielles. Ce passage s’accompagne d’un chaotique chemin hormonal, une expression qui renvoie aux bouleversements physiques et émotionnels liés à la ménopause ou à d’autres transformations liées à l’âge. Malgré ces défis, elle exprime un sentiment de satisfaction quant à sa vie personnelle, professionnelle et familiale, tout en soulignant que ce bilan ne l’empêche pas de conserver une forme d’indignation face aux injustices sociales et environnementales.

Urgence et responsabilité

Salomé Corbo souligne un sentiment d’urgence lié à son âge, qu’elle décrit comme une prise de conscience que le temps restant est plus court que celui déjà vécu. Elle utilise des métaphores mathématiques pour illustrer cette idée : à 50 ans, elle estime avoir atteint les cinq huitièmes ou cinq neuvièmes de sa vie, selon les calculs. Cette prise de conscience l’incite à agir avec plus de détermination pour les causes qui lui tiennent à cœur, comme l’égalité des sexes, la lutte contre la violence faite aux femmes, ou encore la préservation de l’environnement. Elle admet ne pas s’attendre à voir ces combats aboutir avant sa mort, évoquant des exemples concrets comme l’extinction d’espèces animales, l’augmentation des demandeurs d’asile ou la montée des mouvements xénophobes. Malgré ce constat, elle refuse de se contenter d’une vie centrée uniquement sur son confort personnel.

Engagement citoyen

Face à l’urgence qu’elle ressent, l’autrice choisit de s’engager activement plutôt que de se retirer dans une vie apaisée. Elle compare son rôle à celui de quelqu’un qui monterait aux barricades ou descendrait dans la rue, des expressions qui désignent une participation directe aux luttes sociales ou politiques. Elle évoque aussi l’idée de klaxonner en passant devant des piquets de grève, une métaphore pour signifier son soutien aux mouvements sociaux. Son engagement s’étend à l’utilisation de sa tribune, c’est-à-dire sa capacité à s’exprimer publiquement, notamment via les réseaux sociaux ou des médias, pour alerter sur les crises environnementales et sociales. Elle cite l’écrivaine Anne Archet, qui propose de remplacer le terme environnement par survie de l’espèce humaine, afin de rendre plus tangible l’urgence climatique et de limiter les arguments économiques qui pourraient la minimiser.

Causes sociales et politiques

Salomé Corbo aborde plusieurs enjeux sociaux qui la préoccupent, comme la misogynie, le racisme, l’homophobie, la transphobie et les différentes formes d’exclusion. Elle souligne que ces problèmes sont souvent liés à l’ignorance et à la précarité, qu’elle soit financière ou psychologique. Elle critique les politiciens qui, selon elle, évitent de proposer des solutions durables pour ces problèmes, préférant les pelleter dans la cour d’un autre ordre de gouvernement, une expression qui signifie reporter la responsabilité sur une autre instance ou un autre niveau de pouvoir. Elle cite des exemples concrets comme les féminicides, la crise des opioïdes, l’itinérance, le crime organisé ou les crimes à caractère homophobe ou raciste, qu’elle présente comme des symptômes d’un tissu social éventé, c’est-à-dire un système social fragilisé et inefficace. Elle appelle à des solutions pérennes et à une action rapide pour résoudre ces crises.

Ce que ça pourrait changer

L’autrice s’en prend aux *raccourcis intellectuels* des politiciens, une expression qui désigne des raisonnements simplistes ou des arguments fallacieux utilisés pour éviter d’aborder les vrais problèmes. Elle compare ces raccourcis à des *chemins de terre* qui soulèvent de la poussière, c’est-à-dire des solutions superficielles ou éphémères qui masquent les difficultés réelles. Elle critique particulièrement les discours politiques qui minimisent l’urgence climatique ou sociale au profit de considérations économiques à court terme. Elle souligne que les politiciens, notamment ceux qui briguent le poste de *premier ministre du Québec*, devraient reconnaître que des problèmes comme les féminicides ou la crise des opioïdes sont des indicateurs d’un système social défaillant. Elle exige des propositions concrètes plutôt que des critiques stériles ou des transferts de responsabilité vers d’autres niveaux de gouvernement.

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