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Rakuten France baissera le rideau d’ici la fin de l’année

Next.ink · mis à jour il y a 20 j

Rakuten France annonce que faute d’avoir trouvé un repreneur, sa place de marché fermera ses portes fin 2026. Trois candidats s’étaient pourtant portés acquéreurs, mais les garanties proposées n’auraient pas été jugées suffisantes par la direction et le CSE représentant les 180 emplois concernés.

Fermeture de Rakuten France

Rakuten France, la filiale française du géant japonais du commerce en ligne Rakuten, a annoncé la fermeture définitive de sa place de marché d’ici la fin de l’année 2026. Cette décision intervient après l’échec des négociations pour trouver un repreneur capable d’assurer la pérennité de l’activité. La plateforme, qui comptait environ 180 salariés, proposait une marketplace où vendeurs et acheteurs pouvaient échanger des produits. Le mot rakuten (楽天) signifie « optimisme » en japonais, un nom qui contraste avec la situation actuelle. La fermeture inclut uniquement l’activité e-commerce et la marketplace associée, sans affecter les autres entités du groupe en France, comme Rakuten TV ou Rakuten Advertising.

Échec des repreneurs

Trois candidats s’étaient manifestés pour reprendre Rakuten France, dont Pierre Kosciusko-Morizet, fondateur de PriceMinister, et les frères Rosenblum, fondateurs de Pixmania. PriceMinister, racheté par Rakuten en 2010 et rebaptisé en 2018, avait une histoire liée à la plateforme. Pixmania, fermé en 2020 puis relancé en 2022 comme place de marché spécialisée dans les produits mobiles, était également en lice. Cependant, aucune des offres n’a été retenue par Rakuten France, qui a justifié sa décision en invoquant trois critères principaux : la préservation des emplois, la solidité financière de l’offre et la capacité à garantir la pérennité de l’activité à long terme. Pixmania a contesté cette évaluation, affirmant que sa proposition répondait à ces critères.

Critères de sélection

Pour évaluer les offres de reprise, Rakuten France a appliqué trois critères stricts. Le premier concernait la préservation des emplois, soit la garantie que les 180 salariés conservent leur poste. Le deuxième critère portait sur les conditions financières de l’offre, c’est-à-dire la viabilité économique du projet proposé par les repreneurs. Enfin, le troisième critère évaluait les risques associés à l’offre, comme la capacité du repreneur à maintenir l’activité sur le long terme sans menacer sa stabilité. Aucune des propositions n’a satisfait ces trois exigences simultanément, selon la direction de Rakuten France.

Réaction de Pixmania

Pixmania, l’un des candidats évincés, a réagi vivement à cette décision sur LinkedIn, contestant la version officielle de Rakuten France. L’entreprise affirme que sa candidature répondait pleinement aux trois critères annoncés : un projet industriel sérieux, des garanties sur la continuité des emplois repris et une proposition financière solide. Pixmania a également exprimé des doutes sur la transparence du processus de cession, qui est encadré par la loi Florange en France. Cette loi impose aux entreprises de rechercher activement un repreneur en cas de fermeture ou de vente d’une activité, afin de préserver les emplois. Pixmania a appelé les pouvoirs publics à intervenir pour éclairer la situation.

Contexte économique

Au troisième trimestre 2025, Rakuten France enregistrait environ 9,5 millions de visiteurs uniques par mois sur sa plateforme. Bien que ce chiffre soit significatif, il reste deux fois moins élevé que celui des leaders du marché comme Shein, Temu, Vinted ou Leboncoin, qui affichent respectivement des audiences allant jusqu’à 30,2 millions de visiteurs uniques par mois. Cette différence d’audience reflète la concurrence intense dans le secteur du e-commerce, où les plateformes spécialisées dans la seconde main ou les produits à bas prix dominent le marché. Rakuten France, malgré son ancrage historique, peine à rivaliser avec ces nouveaux acteurs.

Ce que ça pourrait changer

La fermeture de la marketplace ne concerne que l’activité e-commerce de Rakuten France. Le groupe Rakuten reste actif en France et en Europe à travers d’autres entités, telles que Rakuten Symphony, Rakuten TV, Rakuten Viki, Rakuten Kobo, Rakuten Viber et Rakuten Advertising. Par ailleurs, Rakuten maintient son **Centre technologique Rakuten Europe** à Paris, qui continue de fonctionner. Ces divisions couvrent des domaines variés, comme les télécommunications, le divertissement, l’édition ou la publicité, et ne sont pas impactées par la fermeture de la marketplace.

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