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Une autre lutte de pouvoir fait rage au Stade IGA

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 9 j

Un bras de fer oppose des entraîneurs privés à Tennis Canada, explique le chroniqueur Martin Leclerc..

Contexte du conflit

Le Stade IGA, un complexe de tennis public situé à Montréal et financé par des fonds publics, est au cœur d’un conflit entre Tennis Canada, une fédération sportive, et des entraîneurs privés. Tennis Canada, qui gère le Stade IGA, souhaite imposer des règles strictes pour l’enseignement du tennis dans ses installations. Ces règles incluent l’obligation pour les entraîneurs d’obtenir une certification délivrée par Tennis Canada, ainsi que le paiement de frais annuels pour enseigner. Par exemple, les certifications coûtent entre 700$ et 1900$, et les entraîneurs doivent aussi payer 150$ par an pour adhérer à l’Association des professionnels du tennis (APT). Ces mesures visent à encadrer l’enseignement, mais elles sont contestées par une quinzaine d’entraîneurs indépendants.

Rôle de Tennis Canada

Tennis Canada est une fédération sportive nationale qui gère le développement du tennis au Canada. Elle a obtenu en 2025 le mandat de superviser les leçons privées au Stade IGA, un rôle qui était auparavant dévolu à Tennis Montréal, un organisme à but non lucratif (OBNL) qui gère les installations tennistiques de la Ville de Montréal depuis près de 40 ans. Tennis Canada impose désormais des fourchettes de tarifs pour les leçons, en fonction du niveau de certification des entraîneurs. Par exemple, les entraîneurs certifiés de niveau 2 peuvent facturer jusqu’à un certain montant, tandis que ceux de niveau supérieur peuvent demander plus. Tennis Canada justifie ces règles par la volonté d’assurer la qualité de l’enseignement et la transparence des tarifs pour les usagers.

Financement public et monopole

Le Stade IGA est un complexe public construit et financé en partie par des fonds publics. La Ville de Montréal verse chaque année 2,15 millions de dollars à Tennis Canada pour la gestion des installations du parc Jarry, une somme indexée annuellement. Tennis Canada utilise ces fonds pour financer ses opérations, y compris la gestion des leçons privées. Les entraîneurs indépendants dénoncent une tentative de monopole, car Tennis Canada impose désormais des règles qui limitent leur accès aux terrains et encadrent leurs tarifs. Par exemple, depuis décembre 2025, seuls les entraîneurs certifiés par Tennis Canada peuvent enseigner au Stade IGA, ce qui exclut de nombreux professionnels expérimentés mais non certifiés par cette fédération.

Témoignages d’entraîneurs

Plusieurs entraîneurs, comme Simon Beaucaire et Antoine Massicotte, critiquent les nouvelles règles imposées par Tennis Canada. Simon Beaucaire, qui enseigne depuis plus de 20 ans et détient une certification de niveau 2, affirme que ces règles sont abusives et qu’elles limitent la liberté des entraîneurs et des clients. Il souligne que les certifications de Tennis Canada ne sont pas obligatoires légalement et que leur coût (jusqu’à 1900$) est prohibitif pour de nombreux professionnels. Antoine Massicotte, quant à lui, estime que les tarifs imposés par Tennis Canada sont trop bas par rapport à la valeur ajoutée qu’il offre, comme son diplôme en kinésiologie et son expérience internationale.

Historique du conflit

Ce n’est pas la première fois que ce conflit éclate. Il y a neuf ans, Simon Beaucaire avait poursuivi Tennis Canada et Tennis Montréal pour des règles similaires. Le litige avait été réglé à l’amiable avec un versement de 5000$ à l’entraîneur, mais Tennis Canada avait continué à tolérer la présence d’entraîneurs indépendants. En 2019, une juge avait débouté Simon Beaucaire, sans se prononcer sur la légalité des règles de Tennis Canada. Aujourd’hui, la fédération semble avoir durci sa position, ce qui a relancé le conflit avec une quinzaine d’entraîneurs qui refusent de se soumettre à ses exigences.

Conséquences pour les usagers

Les nouvelles règles de Tennis Canada ont des répercussions sur les usagers du Stade IGA. Les clients des entraîneurs indépendants, comme Simon Beaucaire, doivent désormais payer des tarifs plus élevés pour se conformer aux fourchettes imposées par la fédération. De plus, les entraîneurs certifiés par Tennis Canada peuvent facturer davantage, ce qui augmente les coûts pour les joueurs. Certains usagers pourraient donc être contraints de réduire la fréquence de leurs leçons ou de se tourner vers d’autres installations. Tennis Canada et Tennis Montréal justifient ces mesures par la volonté d’offrir un enseignement de qualité et de mieux répondre à la demande, mais les entraîneurs et les usagers dénoncent une augmentation des coûts et une restriction de l’accès au tennis public.

Ce que ça pourrait changer

Les entraîneurs contestent la légalité des règles imposées par Tennis Canada, arguant que cette fédération n’a pas le pouvoir de réguler l’enseignement du tennis en dehors de ses programmes officiels. Ils soulignent que Tennis Canada n’est pas un ordre professionnel comme le Barreau du Québec ou l’Ordre des médecins, et que ses certifications ne sont pas obligatoires légalement. De plus, les entraîneurs dénoncent l’interventionnisme de Tennis Canada et de Tennis Montréal dans la gestion de leurs entreprises, comme la perception des paiements pour leur compte, moyennant des frais administratifs de 4$ par heure de leçon. Ces pratiques sont perçues comme une tentative de contrôle abusif sur un espace public financé par les impôts des citoyens.

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