Économie russe : en 2027, la Russie de Poutine dépensera plus que jamais pour la guerre
Le Kremlin prévoit d’augmenter de 32 % ses dépenses militaires en 2027 L’article Économie russe : en 2027, la Russie de Poutine dépensera plus que jamais pour la guerre est apparu en premier sur Le Grand Continent..
En 2027, la Russie prévoit de consacrer 17 100 milliards de roubles à ses dépenses militaires, soit environ 178 milliards d’euros au taux de change actuel. Ce montant représente une hausse de 32 % par rapport au budget voté pour 2026, qui s’élevait à environ 134 milliards d’euros. Pour mettre cette somme en perspective, elle dépasse de près du triple le budget alloué aux forces armées françaises en 2027, estimé à 63,4 milliards d’euros. Ces chiffres proviennent de documents budgétaires fédéraux russes consultés par Reuters. L’objectif est clair : renforcer l’effort de guerre, malgré une dégradation des finances publiques du pays. Le projet de budget doit être présenté à la Douma avant le 1er octobre 2026, mais son adoption est considérée comme une formalité, car le parti au pouvoir, Russie unie, détient une majorité écrasante de 355 sièges sur 450 à l’assemblée.
La Russie anticipe un déficit public en forte augmentation pour 2026, passant de 1,6 % à 3,2 % du PIB. Cette situation reflète l’ampleur des dépenses engagées pour financer la guerre, de plus en plus couvertes par l’endettement. Les intérêts de la dette s’élèvent à près de 4 000 milliards de roubles par an, soit environ 10 % des dépenses fédérales. À titre de comparaison, ces intérêts dépassent les budgets combinés de l’Éducation et de la Santé en Russie. L’État russe, privé d’accès aux investisseurs étrangers en raison des sanctions internationales, dépend désormais des banques locales pour financer sa dette. Cependant, ces institutions manquent de liquidités suffisantes, comme l’a souligné en juillet 2026 Taras Skvortsov, directeur financier de la Sberbank, l’une des principales banques russes : « Aujourd’hui, les banques ne disposent de fonds que pour accorder des prêts à leurs clients. »
Pour tenter de stabiliser une économie sous pression, la Banque centrale russe maintient son taux directeur à 14 %, un niveau élevé qui vise à limiter l’inflation et à attirer les épargnants. Cependant, cette politique monétaire restrictive pourrait s’aggraver si le déficit continue de croître, au détriment des investissements privés et publics. La Banque centrale a prévenu qu’un déficit plus important exigerait une politique encore plus stricte, ce qui pourrait freiner la croissance économique. Par ailleurs, le gouvernement mise sur de nouvelles taxes pour combler une partie des besoins financiers. Par exemple, il table sur 200 milliards de roubles supplémentaires par an en taxant les bénéfices exceptionnels des entreprises du secteur métallurgique et minier.
Selon l’économiste Vladislav Inozemtsev, la Russie consacrera en 2026 plus de 10 % de son PIB à des dépenses militaires, une proportion inédite depuis l’époque soviétique. Cette priorité absolue accordée à l’effort de guerre se fait au détriment d’autres secteurs clés de l’économie. Les dépenses militaires représentent désormais une part bien plus importante que celle allouée à l’Éducation ou à la Santé, reflétant une stratégie où la défense prime sur les autres besoins sociaux et économiques. Cette situation soulève des questions sur la soutenabilité à long terme de l’économie russe, alors que les sanctions internationales et l’isolement économique limitent les marges de manœuvre du gouvernement.

