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Géopolitique

La “signature vocale” de Mexico, à nulle autre pareille

Courrier International · mis à jour il y a 16 j

Du crépitement de la plancha au sifflement du rémouleur en passant par le bruit assourdissant de l’alerte sismique, la capitale du Mexique offre un paysage sonore qui évoque, davantage que bien des images, l’identité culturelle de la ville et de ses habitants, souligne cette journaliste d’“El País América”..

Mexico et ses sons

Mexico, capitale du Mexique, possède une identité sonore unique qui la distingue des autres grandes villes du monde. Cette signature vocale est composée d’une multitude de bruits quotidiens, allant des klaxons des voitures aux sons des vendeurs ambulants, en passant par les alertes sismiques. Selon l’article, Mexico figure parmi les dix capitales les plus bruyantes au monde, en raison de son trafic automobile dense, de ses travaux incessants et de ses habitants souvent bruyants. Pourtant, cette pollution sonore ne parvient pas à étouffer les mélodies caractéristiques de la ville, qui se mêlent aux souvenirs des habitants. Ces sons ne se limitent pas aux rues : ils envahissent aussi les maisons, créant une ambiance sonore omniprésente et indissociable de l’expérience mexicaine.

Les bruits emblématiques

Parmi les sons les plus emblématiques de Mexico, on trouve le crépitement des planchas, ces plaques de cuisson utilisées par les vendeurs de rue pour préparer des tacos, des œufs ou d’autres plats typiques. Ces bruits, presque constants, invitent souvent des inconnus à partager un repas debout dans la rue. Un autre son marquant est celui du rémouleur, un artisan qui parcourt les quartiers (appelés colonies au Mexique) pour aiguiser les couteaux et les outils. Son sifflement strident est facilement reconnaissable. On entend aussi le grincement des chariots vendant des patates douces grillées, un bruit qui rappelle le départ d’un train à vapeur. Enfin, le passage quotidien d’un marchand à bicyclette, équipé d’un mégaphone, annonce la vente d’atole, une boisson chaude à base de maïs, de lait ou d’eau, souvent consommée le soir.

Une culture sonore

Ces sons ne sont pas de simples nuisances : ils forment une partie intégrante de la culture et de l’identité de Mexico. Selon la journaliste Silvia Blanco, citée dans l’article, ces bruits racontent l’histoire de la ville et de ses habitants. Ils reflètent une vie de rue animée, où les interactions sociales se déroulent souvent en plein air, autour de plats préparés sur le vif. Ces paysages sonores, bien que parfois chaotiques, créent une atmosphère unique, mêlant tradition et modernité. Ils rappellent aussi la résilience des habitants face à la pollution sonore, transformant des contraintes en éléments de fierté locale.

Un phénomène urbain

Mexico n’est pas la seule ville à avoir une identité sonore marquée, mais son mélange de bruits traditionnels et modernes est particulièrement distinctif. L’article souligne que cette signature vocale est aussi un marqueur de l’organisation sociale et économique de la ville. Les vendeurs ambulants, par exemple, représentent une économie informelle importante, où les sons jouent un rôle clé pour attirer les clients. De plus, ces bruits sont souvent liés à des pratiques culinaires et artisanales ancestrales, comme la préparation de l’atole ou l’aiguisage des outils, qui persistent malgré l’urbanisation rapide de la capitale.

Ce que ça pourrait changer

Bien que ces sons soient profondément ancrés dans la vie quotidienne de Mexico, ils évoluent avec le temps. L’article mentionne que la ville, confrontée à une gentrification croissante, tente de réguler certains aspects de son marché immobilier, ce qui pourrait, à terme, modifier ces paysages sonores. Cependant, malgré ces changements, les sons emblématiques de Mexico restent un symbole de sa vitalité et de sa diversité. Ils rappellent que, même dans une mégalopole moderne, les traditions et les pratiques locales continuent de façonner l’expérience urbaine.

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