“Tempête” sur l’agriculture portugaise, plombée par la concurrence espagnole et la crise des carburants
Confrontés à l’explosion des coûts, à la concurrence espagnole et au recul des investissements, les agriculteurs portugais réclament un plan d’urgence de 140 millions d’euros. Ils prévoient une mobilisation le 12 octobre à Lisbonne.
Le secteur agricole portugais traverse une période difficile en octobre 2026, marquée par une crise multidimensionnelle. Les agriculteurs portugais font face à une hausse brutale des coûts de production, notamment celle des carburants, ainsi qu'à une concurrence accrue de la part de l'Espagne, leur voisin et partenaire au sein de l'Union européenne. Cette situation a conduit les producteurs à réclamer un plan d'urgence de 140 millions d'euros pour tenter de sauver le secteur. Une mobilisation est prévue le 12 octobre à Lisbonne pour alerter les autorités et la population sur la gravité de la situation. Les professionnels du secteur dénoncent également un manque de vision politique à long terme pour soutenir l'agriculture portugaise.
L'un des principaux défis pour les agriculteurs portugais est la concurrence directe avec l'Espagne, un pays où le secteur agricole est plus développé et mieux soutenu financièrement. Au premier semestre 2026, le déficit commercial du Portugal vis-à-vis de l'Espagne dans le commerce des fruits et légumes a atteint 424 millions d'euros, contre 227 millions en 2022. Cette différence s'explique en partie par les aides publiques accordées aux agriculteurs espagnols, bien plus importantes que celles octroyées au Portugal. Par exemple, l'Espagne a débloqué 650 millions d'euros pour faire face à la hausse des prix des fertilisants, contre seulement 26 millions pour le Portugal. Gonçalo Santos Andrade, président de Portugal Fresh, une association représentant 5 000 producteurs, résume ainsi la situation : « L’Espagne nous envahit avec ses produits », soulignant l'incapacité des agriculteurs portugais à rivaliser sur les prix.
La crise des carburants et la flambée des coûts de production aggravent la situation des agriculteurs portugais. Les prix élevés de l'énergie et des engrais réduisent leurs marges déjà fragiles, tandis que les investissements dans le secteur reculent. Gabriela Ventura, ancienne gestionnaire du Programme de développement rural, critique dans une tribune publiée par Público le manque d'investissements publics et privés dans l'agriculture portugaise. Elle compare la situation à « une équipe qui joue le match nul finit par perdre », soulignant que des aides insuffisantes et une stratégie à court terme ne suffisent pas à assurer la compétitivité du secteur sur le long terme.
Face à cette crise, les agriculteurs portugais se mobilisent pour faire entendre leur voix. Ils réclament un soutien financier immédiat et des mesures structurelles pour moderniser le secteur et le rendre plus résilient. Une manifestation est prévue le 12 octobre à Lisbonne pour attirer l'attention des médias et des décideurs politiques. Les producteurs espèrent ainsi obtenir un plan d'urgence de 140 millions d'euros, mais aussi une révision des politiques agricoles pour mieux protéger les intérêts portugais dans un marché européen où la concurrence est féroce. Le secteur agricole, déjà fragile, pourrait subir des conséquences durables si aucune solution n'est trouvée rapidement.

