Une étude révèle que les microplastiques dans le sang pourraient aggraver le risque d'infarctus
Les déchets que nous rejetons se fragmentent jusqu’à devenir trop fins pour que le corps les élimine. Une question persistait pourtant sur leur présence près du cœur.
Une étude récente a mis en évidence la présence de microplastiques dans le sang humain. Les microplastiques sont de minuscules fragments de plastique, souvent invisibles à l'œil nu, mesurant moins de 5 millimètres. Ils proviennent de la dégradation d'objets en plastique plus grands, comme les bouteilles ou les emballages, mais aussi de produits cosmétiques ou de fibres textiles. Ces particules peuvent pénétrer dans l'organisme par ingestion, inhalation ou même à travers la peau. L'étude, publiée en juillet 2026, révèle que ces microplastiques ne se limitent pas au système digestif, mais circulent dans le sang, ce qui soulève des questions sur leurs effets potentiels sur la santé.
Les chercheurs ont établi un lien entre la présence de microplastiques dans le sang et une augmentation du risque d'infarctus, c'est-à-dire d'un blocage de l'apport sanguin vers le cœur, pouvant entraîner une destruction partielle du muscle cardiaque. Bien que l'étude ne prouve pas une relation de cause à effet directe, elle suggère que ces particules pourraient favoriser l'inflammation des vaisseaux sanguins ou perturber la coagulation du sang. Les données indiquent que les personnes présentant des taux élevés de microplastiques dans leur sang avaient un risque accru de 20 % de subir un infarctus par rapport à celles en contenant peu. Ces résultats restent à confirmer par d'autres recherches.
Les scientifiques émettent plusieurs hypothèses pour expliquer comment les microplastiques pourraient aggraver le risque cardiovasculaire. Une piste majeure est leur capacité à provoquer une réaction inflammatoire dans les vaisseaux sanguins. Les microplastiques pourraient aussi interagir avec les cellules sanguines, comme les plaquettes, qui jouent un rôle clé dans la coagulation. Une autre théorie suggère qu'ils pourraient altérer l'équilibre des bactéries bénéfiques dans l'intestin, un déséquilibre déjà associé à des problèmes de santé cardiovasculaire. Ces mécanismes restent à élucider par des études complémentaires.
Les microplastiques présents dans le sang proviennent principalement de l'environnement. Les principales sources incluent la pollution plastique des océans, des sols et de l'air, ainsi que l'utilisation quotidienne de produits contenant du plastique, comme les bouteilles d'eau, les emballages alimentaires ou les vêtements synthétiques. Une étude antérieure avait déjà détecté des microplastiques dans les selles humaines, confirmant leur ingestion. Cependant, cette nouvelle recherche montre qu'ils peuvent aussi traverser la barrière intestinale pour rejoindre la circulation sanguine. Les chercheurs soulignent que la contamination par les microplastiques est désormais ubiquitaire, c'est-à-dire présente partout dans le monde.
Face à ces résultats, les experts appellent à une meilleure évaluation des risques liés aux microplastiques et à des mesures pour réduire leur présence dans l'environnement. Ils recommandent notamment de limiter l'usage du plastique à usage unique, comme les sacs ou les bouteilles jetables, et de privilégier les matériaux biodégradables. Les autorités sanitaires sont invitées à renforcer les contrôles sur les produits contenant des microplastiques, comme certains cosmétiques ou textiles. Bien qu'aucune directive spécifique n'ait encore été publiée, cette étude souligne l'urgence d'agir pour protéger la santé publique.

