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Au Pérou, ce masque funéraire vieux de 1 000 ans révèle un pigment toxique et un rituel d'une civilisation pré-incas

Science & Vie · mis à jour il y a 13 j

Un masque funéraire péruvien vieux de mille ans intrigue autant les archéologues que les curieux. Ses matériaux racontent une pratique mortuaire aussi soignée que dangereuse.

Un masque funéraire ancien

Des archéologues ont découvert un masque funéraire vieux de 1 000 ans au Pérou, datant d’une civilisation pré-inca. Ce masque, utilisé lors de rituels funéraires, est fabriqué dans un matériau composite, probablement de la céramique ou de la pierre, recouvert de pigments colorés. Les civilisations pré-incas, comme les Mochicas ou les Wari, maîtrisaient l’art de la céramique et des pigments, mais ce masque se distingue par une particularité inhabituelle : l’un de ses pigments est toxique. Cette découverte offre un aperçu rare des pratiques culturelles et religieuses de ces sociétés anciennes, où les objets funéraires jouaient un rôle central dans les croyances liées à la mort et à l’au-delà.

Un pigment toxique surprenant

L’analyse du masque a révélé la présence d’un pigment à base de cinabre (sulfure de mercure), un minéral rouge vif très toxique. Le cinabre était utilisé depuis des millénaires pour ses propriétés colorantes intenses, mais sa toxicité était connue des peuples anciens. Dans ce contexte, son emploi sur un objet funéraire suggère une signification symbolique ou rituelle particulière. Le mercure, en particulier, était parfois associé à des propriétés magiques ou divines dans certaines cultures précolombiennes. Les chercheurs pensent que ce pigment pourrait avoir été choisi pour ses propriétés esthétiques, mais aussi pour ses effets potentiellement hallucinogènes ou toxiques, liés à des pratiques chamaniques ou sacrificielles.

Un rituel funéraire complexe

Le masque funéraire, découvert dans une tombe, indique que les civilisations pré-incas accordaient une grande importance aux rites entourant la mort. Les objets comme celui-ci étaient probablement utilisés lors de cérémonies destinées à accompagner l’âme du défunt dans l’au-delà ou à honorer les divinités. La présence de pigments toxiques comme le cinabre pourrait refléter une volonté de créer un lien entre le monde des vivants et celui des esprits, ou d’évoquer des concepts de transformation ou de renaissance. Ces pratiques montrent une sophistication culturelle et religieuse bien avant l’émergence de l’Empire inca, qui dominera plus tard la région.

Une découverte archéologique clé

Cette découverte a été réalisée par une équipe d’archéologues péruviens et internationaux, travaillant sur un site funéraire situé dans la région de Lambayeque, connue pour ses vestiges des civilisations pré-inca. L’analyse du masque a été menée à l’aide de techniques modernes comme la spectroscopie, permettant d’identifier la composition exacte des pigments sans endommager l’objet. Cette approche scientifique met en lumière l’importance de la préservation du patrimoine culturel, tout en offrant des indices sur les techniques artisanales et les connaissances chimiques de ces sociétés anciennes. Les résultats de cette étude pourraient enrichir la compréhension des échanges culturels et technologiques entre les civilisations précolombiennes.

Ce que ça pourrait changer

L’utilisation de substances toxiques comme le cinabre dans un contexte funéraire soulève des questions sur la perception de la mort et du sacré dans ces civilisations. Le mercure, en particulier, était parfois associé à des divinités ou à des forces surnaturelles, comme le dieu *Amaru* dans la mythologie inca, lié aux serpents et à la transformation. Son emploi sur le masque pourrait donc avoir une double fonction : esthétique et symbolique. Les chercheurs soulignent que cette découverte rappelle que les sociétés anciennes combinaient souvent pragmatisme et spiritualité dans leurs pratiques, où la beauté et le danger pouvaient coexister dans un même objet.

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