Test Aiper Scuba V3 : avec son IA, ce robot piscine devient-il plus efficace au fil du temps ?
Pour la première fois chez Aiper, un robot piscine embarque une caméra frontale épaulée par une intelligence artificielle qui tient compte des nettoyages précédents. Avec le Scuba V3, la marque nourrit donc une ambition assez rare.
L’Aiper Scuba V3 est un robot piscine autonome pesant 8,25 kg à sec, lancé en 2026 à 1 099 euros. Il se distingue par une caméra frontale et un système d’intelligence artificielle nommé AI Navium, censé améliorer ses performances avec le temps. Contrairement à d’autres modèles comme le Mova Rover X10 (15,8 kg pour 2 499 euros), il est plus léger et moins encombrant (44,4 x 38 x 21,8 cm). Sa mission principale est de nettoyer le fond et les parois d’une piscine, mais il ne gère pas la surface de l’eau, contrairement à des modèles plus chers comme le Beatbot AquaSense X (4 250 euros). Le robot utilise 40 capteurs et une caméra pour naviguer, une technologie encore rare dans cette gamme de prix, où la plupart des appareils se contentent de capteurs sans vision par caméra.
Le Scuba V3 intègre une caméra frontale couplée à un système de navigation appelé VisionPath, qui combine analyse d’images et capteurs de distance. Cette technologie permet au robot de reconnaître plus de 20 types de débris et d’ajuster sa trajectoire en temps réel, avec une portée de détection de 2 mètres. Deux LED éclairent la zone en cas de faible luminosité. Le robot propose deux modes principaux : le mode Auto, qui nettoie méthodiquement le fond puis les parois, et le mode Patrouille IA, qui cible les zones les plus sales. Par exemple, lors d’un test avec quatre cailloux placés aux coins d’une piscine de 40 m², le robot a d’abord aspiré ces obstacles avant de poursuivre son nettoyage, démontrant une capacité à prioriser les tâches.
L’intelligence artificielle AI Navium est un système d’apprentissage automatique qui analyse la taille du bassin, les conditions météo locales et l’historique des nettoyages pour ajuster automatiquement les cycles futurs. Par exemple, après des pluies, le robot a modifié son planning de nettoyage à trois reprises lors des trois mois d’essai. De même, face à un escalier d’angle avec quatre marches, le Scuba V3 a progressivement adapté sa méthode : après avoir échoué à gravir les marches directement, il a contourné l’obstacle en nettoyant les parois adjacentes pour déloger les saletés, qui tombaient ensuite vers le fond. Cette fonctionnalité est désactivée par défaut et nécessite une activation manuelle dans l’application Aiper.
Le Scuba V3 dispose d’un débit d’aspiration de 18,2 m³/h, un niveau comparable à des modèles moins chers comme l’Ecovacs Ultramarine P1 (549 euros), mais inférieur à des appareils haut de gamme comme le Dreame Z1 Pro (30 m³/h). Sa filtration repose sur deux niveaux : un tamis de 180 microns pour les gros débris et un MicroMesh de 3 microns pour les particules fines comme le pollen. Cependant, l’agencement des filtres pose problème : le MicroMesh est placé en première ligne, ce qui le fait s’encrasser prématurément sur des piscines très sales. Aiper recommande de retirer temporairement ce filtre lors du premier nettoyage pour éviter son colmatage. Le panier de collecte a une capacité de 3,5 litres, inférieure à celle de concurrents comme le Beatbot Sora 70 (6 litres).
Le robot est équipé d’une batterie lui offrant jusqu’à 180 minutes d’autonomie, suffisante pour un bassin de 40 m² avec des cycles de 160 à 200 minutes. En fin de nettoyage, il remonte à la ligne d’eau et attend 10 minutes pour être récupéré. S’il n’est pas retiré, il coule, nécessitant l’utilisation d’un crochet fourni pour le sortir de l’eau. La charge complète prend environ 5 heures via une station dédiée, pratique pour un rangement en garage. La connectivité repose sur le Bluetooth pour l’appairage initial et le Wi-Fi pour les réglages et notifications, mais le robot perd ces connexions une fois immergé. L’application Aiper permet de programmer des cycles (45, 60 ou 90 minutes) et de recevoir des alertes personnalisables, comme des notifications après un nettoyage.
Le Scuba V3 est positionné à 1 099 euros, un prix qui le place dans une gamme où les robots avec caméra sont rares. Ses principaux concurrents incluent le Beatbot Sora 70 (1 499 euros) avec nettoyage de surface et un panier de 6 litres, et le Dreame Z1 Pro (1 299 euros) doté d’une cartographie et d’une puissance de 30 m³/h. En dessous de ce tarif, des modèles comme l’Ecovacs Ultramarine P1 (549 euros) ou le Mammotion Spino E1 (599 euros) proposent des fonctionnalités similaires mais sans caméra ni IA. Aiper propose également une version simplifiée, le Scuba S1 (599 euros), sans caméra ni apprentissage automatique, ce qui illustre le surcoût de 500 euros pour ces innovations. Le marché reste dominé par des appareils utilisant uniquement des capteurs, comme le WYBOT S2 Solar Vision.
Les atouts majeurs du Scuba V3 résident dans sa caméra et son IA, qui améliorent la précision du nettoyage et l’adaptation aux spécificités du bassin. La station de charge intégrée et l’autonomie sont également des points forts. Cependant, certains aspects limitent son efficacité : les angles morts aux extrémités de la piscine, où sa forme arrondie l’empêche d’aspirer les débris, et l’agencement des filtres, qui nécessite une manipulation manuelle pour éviter l’encrassement. De plus, l’IA Navium, bien que prometteuse, ne garantit pas une amélioration systématique, car des facteurs externes comme la météo ou l’état initial de la piscine influencent aussi les performances. Enfin, son prix reste élevé pour un robot de cette catégorie.

