11 data centers : deux recours seront déposés contre le mégaprojet en Seine- et -Marne
L'opposition contre le projet de méga data center du sud francilien entame une étape juridique. Deux recours seront être déposés, le 24 septembre et en début de semaine prochaine, selon Les Échos, devant le tribunal administratif de Melun et la cour d'appel administrative de Paris.
Un mégaprojet prévoyant la construction de 11 data centers (centres de données) en Seine-et-Marne, dans le nord-est de l'Île-de-France, suscite une forte opposition locale. Un data center est un bâtiment dédié au stockage et au traitement de données numériques, comme celles des sites internet, des services cloud ou des entreprises. Ces infrastructures consomment d'énormes quantités d'électricité et d'eau pour refroidir les serveurs, ce qui pose des questions environnementales et énergétiques majeures. Le projet, porté par des acteurs privés, prévoit une surface totale de 110 000 m², soit l'équivalent de 15 terrains de football, et pourrait générer jusqu'à 1 000 emplois directs et indirects pendant la phase de construction.
Deux recours juridiques seront déposés contre ce mégaprojet par des associations et des collectifs locaux. Ces recours visent à contester la légalité des autorisations accordées, notamment en matière d'impact environnemental et d'urbanisme. Les plaignants s'appuient sur des arguments liés à la consommation excessive d'énergie, aux risques de pollution des sols et des nappes phréatiques, ainsi qu'à la saturation des réseaux électriques locaux. Les recours seront déposés auprès du tribunal administratif de Melun, dans les prochains mois. Les associations concernées incluent des groupes écologistes et des habitants mobilisés depuis plusieurs années contre ce projet.
Les opposants au projet soulignent que les data centers sont parmi les infrastructures les plus énergivores au monde. En France, leur consommation électrique représente déjà environ 2 % de la demande nationale, un chiffre qui pourrait doubler avec ce projet. Les associations craignent une aggravation de la pression sur le réseau électrique local, déjà fragilisé par les vagues de chaleur et les besoins croissants en énergie. De plus, le refroidissement des serveurs nécessite d'importantes quantités d'eau, une ressource déjà rare dans certaines régions, comme la Seine-et-Marne. Enfin, les risques de pollution liés aux déchets électroniques et aux émissions de gaz à effet de serre sont également pointés du doigt.
Les élus locaux, notamment ceux de la communauté d'agglomération de Melun Val de Seine, ont exprimé des réserves sur le projet. Certains maires de communes concernées, comme celui de Dammarie-les-Lys, ont déjà manifesté leur opposition en raison des impacts potentiels sur leur territoire. La région Île-de-France, qui a la charge de l'aménagement du territoire, n'a pas encore pris position officiellement, mais des discussions sont en cours pour évaluer les alternatives. Les opposants demandent une étude d'impact environnemental plus poussée et une consultation publique approfondie avant toute décision définitive.
Les promoteurs du projet, qui incluent des entreprises spécialisées dans les infrastructures numériques, défendent leur initiative au nom de la croissance économique et de l'innovation. Ils soulignent que les data centers sont essentiels pour soutenir le développement du numérique en France, notamment avec l'essor du télétravail, du streaming et des services en ligne. Selon eux, le projet pourrait attirer des investissements étrangers et créer des emplois durables dans une région en reconversion industrielle. Ils affirment également que les normes environnementales les plus strictes seront respectées, avec des systèmes de refroidissement innovants et une alimentation électrique partiellement renouvelable.
Le projet a été annoncé en 2022, mais les premières autorisations ont été délivrées en 2023, malgré les alertes des associations. Les recours juridiques, qui seront déposés dans les prochains mois, pourraient retarder ou bloquer le projet si les tribunaux donnent raison aux plaignants. En parallèle, une enquête publique est en cours pour recueillir l'avis des habitants et des parties prenantes. Si le projet est finalement autorisé, sa construction pourrait débuter dès 2025, avec une mise en service prévue entre 2026 et 2028. Les décisions de justice pourraient avoir un impact significatif sur le calendrier et la faisabilité du mégaprojet.

