Un cancer sur huit serait lié à une infection : voici pourquoi une grande partie pourrait être évitée
Environ 2,3 millions de cancers diagnostiqués en 2024 dans le monde, soit 12 %, seraient liés à une infection. Vaccins, dépistages et traitements déjà disponibles permettraient d'en éviter une grande partie..
Une étude récente indique que 12,5 % des cas de cancer dans le monde sont directement liés à des infections, ce qui représente environ un cancer sur huit. Cette proportion varie selon les régions : elle atteint 20 % en Afrique et 10 % en Europe et en Amérique du Nord, en raison de différences dans les systèmes de santé et les conditions sanitaires. Les infections en question peuvent être causées par des virus, des bactéries ou des parasites, qui, en s’installant durablement dans l’organisme, favorisent le développement de cellules cancéreuses. Par exemple, le virus du papillome humain (VPH) est responsable de presque tous les cas de cancer du col de l’utérus, tandis que la bactérie Helicobacter pylori est associée à des cancers de l’estomac. Ces chiffres soulignent l’importance de la prévention et des vaccins dans la lutte contre certains cancers, notamment ceux liés à des pathogènes évitables.
Les infections favorisent le développement du cancer par plusieurs mécanismes. Certains pathogènes (virus, bactéries) peuvent endommager directement l’ADN des cellules, provoquant des mutations qui transforment des cellules saines en cellules cancéreuses. Par exemple, le virus de l’hépatite B et le virus de l’hépatite C augmentent le risque de cancer du foie en provoquant une inflammation chronique du foie, un état qui favorise la prolifération cellulaire anarchique. D’autres pathogènes, comme le virus d’Epstein-Barr, peuvent activer des gènes viraux qui perturbent le contrôle normal de la division cellulaire. Enfin, certaines infections affaiblissent le système immunitaire, réduisant la capacité de l’organisme à détecter et détruire les cellules cancéreuses naissantes. Ces mécanismes expliquent pourquoi la prévention des infections, notamment par la vaccination ou l’hygiène, peut réduire significativement le risque de certains cancers.
Une grande partie des cancers liés aux infections pourrait être évitée grâce à des mesures préventives simples et efficaces. La vaccination joue un rôle clé : par exemple, le vaccin contre le VPH (virus du papillome humain) permet de prévenir jusqu’à 90 % des cas de cancer du col de l’utérus, tandis que la vaccination contre les hépatites B et C réduit le risque de cancer du foie. D’autres mesures incluent le dépistage précoce des infections chroniques, comme Helicobacter pylori, et l’amélioration des conditions sanitaires pour limiter la transmission des pathogènes. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la vaccination contre les infections liées au cancer pourrait éviter 1 million de cas de cancer par an dans le monde. Ces stratégies sont particulièrement pertinentes dans les pays où les ressources médicales sont limitées, où la prévention est souvent plus efficace que le traitement.
La proportion de cancers liés aux infections varie fortement selon les régions du monde, en fonction de facteurs comme l’accès aux soins, les conditions d’hygiène et la prévalence des pathogènes. En Afrique subsaharienne, où les infections sont plus répandues, 20 % des cancers sont attribués à des pathogènes, contre seulement 10 % en Europe et en Amérique du Nord. Cette disparité s’explique par des différences dans les politiques de santé publique, comme la couverture vaccinale ou les programmes de dépistage. Par exemple, dans les pays où la vaccination contre le VPH est généralisée, comme l’Australie, les cas de cancer du col de l’utérus ont chuté de plus de 50 %. À l’inverse, dans les régions où les infections chroniques (comme l’hépatite B) ne sont pas bien contrôlées, les cancers du foie restent fréquents. Ces inégalités soulignent l’importance d’une approche globale pour réduire l’impact des infections sur le cancer.
Les **vaccins** constituent l’un des outils les plus efficaces pour prévenir les cancers liés aux infections. Aujourd’hui, plusieurs vaccins sont recommandés pour réduire le risque de cancer : le **vaccin contre le VPH** (cancers du col de l’utérus, de l’anus, de la gorge), le **vaccin contre l’hépatite B** (cancer du foie), et le **vaccin contre le virus d’Epstein-Barr** (en développement pour certains lymphomes). Par exemple, en **France**, la vaccination contre le VPH est proposée aux jeunes filles depuis 2007 et aux garçons depuis 2021, ce qui a permis de réduire les infections à VPH de **plus de 50 %** chez les adolescentes. L’**OMS** estime que l’élargissement de la couverture vaccinale pourrait éviter **700 000 décès par cancer par an** d’ici 2030. Cependant, des défis persistent, comme la méfiance envers les vaccins dans certains pays ou l’accès inégal aux programmes de vaccination.

