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Généraliste

Quelle place pourrait occuper le Canada au sein de l’Europe?

Le Devoir · mis à jour il y a 5 j

Le continent est un amalgame de plusieurs espaces économiques..

L’Union européenne

L’Union européenne (UE) est une association politique et économique qui regroupe 27 pays européens. Elle fonctionne comme un marché unique où les biens, les services, les capitaux et les personnes circulent librement. L’UE dispose aussi d’institutions comme un parlement et une cour de justice, ainsi que d’une politique agricole commune reposant sur des subventions et le contrôle des prix. Neuf pays sont officiellement candidats à l’adhésion, dont l’Ukraine et la Turquie. Cependant, le Canada ne pourrait pas rejoindre l’UE, car le traité européen limite l’adhésion aux pays géographiquement européens. Selon Richard Ouellet, professeur à l’Université Laval, une adhésion serait à la fois impossible et indésirable pour le Canada, en raison de la complexité des règles à respecter et de la distance géographique. Le premier ministre Mark Carney a d’ailleurs confirmé que le Canada ne cherchait pas à devenir membre de l’UE.

L’espace Schengen

L’espace Schengen est une zone de libre circulation qui permet aux personnes de se déplacer sans passer par des postes frontières. Il compte 29 pays, dont les 27 membres de l’UE (sauf Chypre et l’Irlande) ainsi que quatre pays associés : l’Islande, la Norvège, la Suisse et le Liechtenstein. Selon la Commission européenne, 450 millions de personnes vivent dans cet espace, et 3,5 millions de personnes traversent une frontière interne chaque jour. Cependant, le Canada ne pourrait pas intégrer cet espace, car sa gestion repose sur une coopération frontalière avec des pays voisins, ce qui n’est pas réalisable pour un pays situé de l’autre côté de l’océan. Richard Ouellet, expert en droit international, estime que cette option est « pas envisageable » pour le Canada.

La zone euro

La zone euro est une union monétaire qui regroupe 21 des 27 pays de l’UE, où l’euro est la monnaie officielle. Certains pays comme le Danemark ont choisi de conserver leur monnaie nationale, tandis que d’autres, comme la Pologne ou la Hongrie, doivent adopter l’euro une fois certaines conditions remplies. L’euro est aussi utilisé dans des territoires d’outre-mer de la France, de l’Espagne et du Portugal, ainsi que dans des micro-États comme Monaco ou le Vatican. Cependant, le Canada n’a pas intérêt à rejoindre la zone euro, car il dispose déjà de sa propre banque centrale, la Banque du Canada, qui détermine les taux d’intérêt en fonction des besoins nationaux. Richard Ouellet souligne que cette option n’est pas adaptée à la situation économique du Canada.

L’espace économique européen

L’espace économique européen (EEE) est une zone de libre-échange qui s’applique aux 27 pays de l’UE, ainsi qu’à trois autres pays membres de l’Association européenne de libre-échange (AELE) : la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein. La Suisse, bien que membre de l’AELE, a négocié un accès au marché intérieur de l’UE via des accords bilatéraux. Selon Richard Ouellet, cette option est « beaucoup plus envisageable » pour le Canada que les autres modèles européens. L’EEE permet la circulation des marchandises, des services, des capitaux et des personnes, avec une reconnaissance plus facile des diplômes et l’octroi de permis de travail. Cependant, l’expert souligne que cette solution n’est pas parfaite, notamment en raison des difficultés à harmoniser les normes avec celles de dizaines de pays, alors que les provinces canadiennes peinent déjà à s’entendre sur des règles communes.

L’accord AECG

L’Accord économique et commercial global (AECG), aussi appelé CETA en anglais, est un traité de libre-échange signé entre le Canada et l’UE en 2016. Il est appliqué de façon provisoire depuis 2017, et environ 98 % de ses dispositions sont déjà en vigueur. Dix pays membres de l’UE n’ont pas encore ratifié l’accord, mais le premier ministre Mark Carney a appelé ces États à le faire pour renforcer la position du Canada face aux États-Unis. L’AECG vise à éliminer ou réduire les obstacles au commerce entre les deux parties. Selon Richard Ouellet, une ratification complète par tous les pays de l’UE rendrait l’accord plus difficile à défaire en cas d’opposition future. Cet accord est déjà l’un des plus ambitieux au monde, avec des réductions de droits de douane et des facilités pour les entreprises canadiennes et européennes.

Ce que ça pourrait changer

Le premier ministre Mark Carney a évoqué la possibilité de conclure une « alliance unique » avec les 27 pays de l’UE, adaptée spécifiquement à la situation du Canada. Richard Ouellet, professeur à l’Université Laval, partage cette vision et estime que les modèles européens existants (UE, espace Schengen, zone euro, EEE) ne conviennent pas parfaitement au Canada. En effet, le Canada n’est pas géographiquement en Europe, dispose déjà d’un accord de libre-échange solide avec l’UE (l’AECG), souhaite conserver sa propre monnaie et a les États-Unis comme principal partenaire commercial. Selon Ouellet, l’UE est ouverte aux accords d’association, et le Canada pourrait négocier une association économique approfondie, incluant des enjeux stratégiques comme la défense ou l’intelligence artificielle, au-delà des simples questions commerciales.

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