Les ultrariches sont prêts à tout pour ne surtout pas vivre comme le commun des mortels
LES ULTRARICHES, UN MONDE À PART (2/6) – Les ultrariches d’aujourd’hui poussent à l’extrême la quête de services exclusifs et d’entre-soi, raconte “The Wall Street Journal”. Ils sont prêts à dépenser sans compter pour ne pas devoir frayer avec le commun des mortels.
La Floride s’impose comme un territoire de prédilection pour les ultrariches, notamment autour de Miami et Fort Lauderdale. Cette région attire les grandes fortunes grâce à son climat ensoleillé, ses plages et son absence d’impôt sur le revenu dans l’État. Les promoteurs immobiliers comme Masoud et Stephanie Shojaee y investissent massivement dans des résidences de luxe ou des infrastructures exclusives. Les aéroports privés, les clubs réservés aux membres et les services sur mesure y sont particulièrement développés. Cette concentration de services haut de gamme crée un écosystème où les ultrariches peuvent éviter tout contact avec le reste de la population, même pour des activités quotidiennes comme les déplacements ou les repas.
Les ultrariches utilisent des moyens de transport et d’accès ultra-exclusifs pour préserver leur intimité. Par exemple, Masoud et Stephanie Shojaee, promoteurs immobiliers, se déplacent en jet privé Bombardier Global pour leurs voyages d’affaires, évitant ainsi les files d’attente et les contrôles des aéroports publics. À Dubaï, ils ont été transportés en Maybach, une marque allemande de voitures de luxe, directement jusqu’à un hôtel de standing. Une fois sur place, ils ont utilisé une entrée privée et un ascenseur réservé pour accéder à leur suite royale, où un majordome les attendait. Ces pratiques illustrent leur recherche d’efficacité et de discrétion, avec des services personnalisés à chaque étape de leur trajet.
Les restaurants haut de gamme proposent désormais des espaces réservés aux membres ou aux clients VIP, où les ultrariches peuvent dîner sans être dérangés. À Miami Beach, le restaurant MILA offre une zone exclusive où les convives sont escortés directement à leur table, déjà dressée avec des cocktails personnalisés et des baguettes gravées à leur nom. Ces services sur mesure, comme les baguettes personnalisées, transforment l’expérience culinaire en un rituel ultra-personnalisé. Le luxe, selon Masoud Shojaee, se mesure moins à l’opulence des plats qu’à la rapidité des services et à l’absence de contraintes, comme les files d’attente ou les interactions avec des inconnus.
Les ultrariches dépensent des fortunes pour créer un monde parallèle où ils n’ont aucun contact avec le « commun des mortels ». Cette économie de l’entre-soi repose sur des infrastructures dédiées : aéroports privés, clubs fermés, hôtels avec entrées VIP, et services exclusifs. Aux États-Unis, des entreprises spécialisées proposent même des résidences sécurisées avec des accès réservés aux résidents, comme à Miami ou à Fort Lauderdale. Ces infrastructures, souvent financées par des fortunes individuelles ou des groupes d’investisseurs, renforcent l’isolement social des ultrariches. Leur objectif n’est pas seulement le luxe matériel, mais aussi la tranquillité et le contrôle total de leur environnement.
Pour Masoud Shojaee, 65 ans, le luxe moderne se définit par le gain de temps et l’efficacité. À 65 ans, il dirige le Shoma Group, un groupe spécialisé dans l’immobilier commercial et résidentiel. Selon lui, le vrai luxe réside dans la capacité à éviter les pertes de temps inutiles, comme les files d’attente ou les interactions sociales non désirées. Cette vision du luxe, axée sur l’optimisation des services, reflète une tendance plus large chez les ultrariches : privilégier la commodité et la discrétion plutôt que l’étalage de richesse. Cette approche transforme leur mode de vie en une quête permanente d’exclusivité et de contrôle.
L’article est une traduction d’un reportage publié par *The Wall Street Journal* (*WSJ*), un quotidien américain réputé pour ses analyses économiques et financières. Fondé en 1889, le *WSJ* est basé à New York et compte 1 800 journalistes répartis dans près de 50 pays. En 2024, il comptait 4,3 millions d’abonnés (papier et numérique), ce qui en fait le quotidien américain le plus lu au monde. Bien que souvent associé à des positions éditoriales conservatrices, le journal est reconnu pour ses enquêtes de qualité et son suivi des tendances économiques. Le reportage sur les ultrariches en Floride illustre son intérêt pour les modes de vie des élites et les transformations sociales liées à la richesse extrême.

