France : le mouvement des lycéens se poursuit sous haute tension
Près de 400 lycées étaient fermés vendredi en France, les étudiants exigeant davantage de financement..
Un mouvement de protestation mené par des lycéens en France se poursuit depuis le 17 septembre 2026, avec plus de 500 établissements perturbés ou fermés le 2 octobre. Les syndicats et associations lycéennes, comme l'Union syndicale lycéenne (USL), appellent à maintenir la mobilisation en raison d’un manque de « mesures concrètes » de la part du gouvernement. Ce mouvement s’inscrit dans un contexte politique tendu, à sept mois de l’élection présidentielle française, où la candidate d’extrême droite Marine Le Pen est donnée favorite dans les sondages. La hausse des prix des carburants et un climat social déjà électrique exacerbent les tensions.
Les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre se multiplient dans plusieurs villes, comme Paris, Strasbourg ou Belfort. Un policier a été violemment frappé à Belfort, et des incidents ont été signalés dans des lycées, comme à Nantes où le hall d’un établissement a été incendié. Selon le ministère de l’Intérieur, 1 027 lycées (sur 3 700 en France) étaient concernés par le mouvement jeudi 1er octobre, avec près de 2 000 interpellations. Le gouvernement recense 170 élèves et 65 membres du personnel éducatif blessés depuis le début des protestations, ainsi que plus de 300 policiers et gendarmes blessés. Les lycéens dénoncent une répression policière excessive, évoquant des cas de coups, d’étranglements ou de gazages.
Le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, a rencontré les syndicats lycéens pour tenter de renouer le dialogue, mais les organisations ont refusé de suspendre le mouvement, faute de propositions concrètes. Pour limiter les perturbations, certains lycées organisent des cours à distance, et 564 établissements étaient perturbés ou fermés le 2 octobre. Le gouvernement a demandé l’aide des parents, soulignant que « dans la rue, les enfants sont en danger ». Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé que les parents pourraient être tenus responsables civilement des dégâts causés par leurs enfants, afin de couvrir les frais de réparation.
Le gouvernement accuse La France insoumise (LFI), un parti politique de gauche radicale dirigé par Jean-Luc Mélenchon, d’avoir organisé le mouvement via des « proxys de l’ultra-gauche ». Le coordonnateur de LFI, Manuel Bompard, a rejeté ces accusations, qualifiant Matignon de « complotiste ». Le premier ministre, dont le nom n’est pas mentionné dans l’article, a condamné les violences urbaines imputées à LFI. Ce débat s’ajoute aux tensions politiques dans un contexte préélectoral marqué par la montée de l’extrême droite.
Les syndicats lycéens, dont l’USL, appellent à une nouvelle journée de manifestations nationale le mardi 6 octobre 2026, surnommée l’« acte 3 ». Des organisations comme la *Confédération générale du travail* (**CGT**) et *Solidaires* ont annoncé leur participation. Les lycéens prévoient de poursuivre les blocages et les actions symboliques, malgré les risques de violences accrues. La situation reste volatile, avec une participation variable selon les villes et une évaluation difficile de l’ampleur réelle du mouvement.

