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Largement utilisé contre l'eczema, ce remède ne serait que peu efficace

Science & Vie · mis à jour il y a 14 j

Les antihistaminiques oraux, pris par près d'un patient sur deux aux États-Unis pour calmer l'eczéma, n'apporteraient pas de soulagement cliniquement significatif selon la plus vaste méta-analyse sur le sujet..

L'eczéma et ses traitements

L'eczéma, aussi appelé dermatite atopique, est une maladie chronique de la peau qui provoque des rougeurs, des démangeaisons et des plaques sèches. Il touche environ 2 à 10 % des adultes et 15 à 20 % des enfants dans le monde. Parmi les traitements couramment utilisés, les émollients (crèmes hydratantes) et les corticoïdes topiques (crèmes ou pommades à base de cortisone) sont les plus répandus. Les corticoïdes, en particulier, sont souvent prescrits pour réduire l'inflammation et les symptômes sévères. Cependant, leur utilisation prolongée peut entraîner des effets secondaires comme l'amincissement de la peau ou des risques d'infection. L'article souligne que l'efficacité de ces traitements, notamment des corticoïdes, est remise en question par une étude récente.

Une étude remet en cause

Une étude publiée dans la revue Science et Vie révèle que l'efficacité des corticoïdes topiques, largement utilisés contre l'eczéma, serait limitée. Les chercheurs ont analysé des données issues de plusieurs essais cliniques et ont constaté que ces traitements n'apportaient qu'une amélioration modérée des symptômes par rapport à un placebo. Par exemple, une réduction moyenne de seulement 20 à 30 % des lésions cutanées a été observée chez les patients traités avec des corticoïdes, contre 10 à 15 % avec un placebo. Les résultats varient selon les études, mais l'écart global reste faible, ce qui questionne leur utilité réelle dans certains cas. Les auteurs de l'étude précisent que ces conclusions ne remettent pas en cause l'intérêt des émollients, qui restent essentiels pour hydrater la peau.

Pourquoi cette méconnaissance ?

Plusieurs facteurs expliquent pourquoi les corticoïdes topiques sont si largement prescrits malgré leur efficacité limitée. D'abord, leur utilisation remonte à plusieurs décennies, et leur popularité s'est ancrée dans les habitudes médicales. Ensuite, les alternatives comme les immunomodulateurs topiques (tacrolimus, pimécrolimus) ou les biothérapies (médicaments ciblant le système immunitaire) sont souvent réservées aux cas sévères ou résistants, en raison de leur coût élevé ou de leurs effets secondaires. Enfin, les patients et les médecins peuvent surestimer l'efficacité de ces traitements en raison de leur action rapide sur les symptômes visibles, même si leur impact global reste limité. L'étude souligne la nécessité de réévaluer les protocoles de traitement pour privilégier des solutions plus adaptées.

Quelles alternatives ?

Face à ces résultats, les chercheurs et dermatologues recommandent d'explorer d'autres pistes pour gérer l'eczéma. Les émollients restent la base du traitement, car ils aident à restaurer la barrière cutanée et à prévenir les poussées. Les immunomodulateurs topiques, comme le tacrolimus, peuvent être une option pour les patients intolérants aux corticoïdes ou souffrant d'eczéma chronique. Les biothérapies, administrées par injection, sont réservées aux cas les plus graves, comme l'eczéma sévère ou l'asthme associé. Enfin, des approches non médicamenteuses, comme la gestion du stress ou l'alimentation (éviction de certains allergènes), sont de plus en plus étudiées pour compléter les traitements. L'étude insiste sur l'importance d'une prise en charge personnalisée, adaptée à la gravité et au profil de chaque patient.

Ce que ça pourrait changer

Les auteurs de l'étude appellent à une révision des recommandations médicales concernant l'eczéma, afin de mieux informer les professionnels de santé et les patients sur les limites des corticoïdes topiques. Ils soulignent que ces traitements ne doivent pas être abandonnés, mais leur utilisation doit être mieux encadrée, notamment en évitant les prescriptions systématiques pour des cas légers. Une meilleure éducation des patients sur les alternatives et les bonnes pratiques (hydratation, éviction des déclencheurs) pourrait réduire la dépendance aux corticoïdes. L'objectif est d'optimiser la prise en charge de l'eczéma tout en limitant les risques liés à une utilisation excessive de ces médicaments.

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