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Livre d’Éric Duhaime écrit avec l’IA : « On a remis de l’humain », raconte l’éditeur

ICI Radio-Canada · mis à jour 2 oct.

« Le premier manuscrit avait été largement rédigé avec des outils rédactionnels d'intelligence artificielle. ».

Livre écrit avec IA

Le chef conservateur québécois Éric Duhaime a publié en avril 2026 un livre politique intitulé Destination Autonomie, dont 62 % du contenu aurait été rédigé par une intelligence artificielle (IA), selon l'outil de détection Pangram. Ce logiciel analyse les textes pour identifier les traces d'une rédaction automatisée en comparant les tournures et le style avec des bases de données d'IA. La préface du livre, signée par la députée Maïté Blanchette-Vézina, aurait quant à elle été entièrement générée par l'IA. Cette révélation a suscité une controverse, notamment après l'affaire Thélyson Orélien, un écrivain accusé d'avoir utilisé l'IA pour rédiger son roman primé C’était ça ou mourir, finalement retiré du prix Goncourt 2026.

Rôle de l'éditeur

L'éditeur du livre, Jérôme Blanchet-Gravel, président de Libre Média, a confirmé l'utilisation de l'IA pour la rédaction du manuscrit initial. Il explique que les outils d'IA ont servi à corriger des passages, préparer des tableaux et vérifier des faits, mais que les idées principales proviennent d'Éric Duhaime et de son coauteur, Guy Mathieu Leroux. L'éditeur a précisé avoir retravaillé manuellement le manuscrit pour réintroduire une touche humaine, aboutissant à un équilibre de 50 % de texte généré par l'IA et 50 % rédigé à la main. Blanchet-Gravel souligne que l'IA a permis d'améliorer la fluidité et la qualité linguistique du texte, sans influencer le fond.

Position d'Éric Duhaime

Éric Duhaime a reconnu dans une déclaration écrite avoir utilisé l'IA pour certaines tâches, comme la correction de passages ou la vérification de faits, mais il insiste sur le fait que les idées du livre restent entièrement les siennes, développées avec son coauteur. Il défend l'idée que l'IA, sous supervision humaine, pourrait augmenter la productivité dans des domaines comme l'administration publique. Son éditeur partage cette vision, estimant que l'écriture 100 % humaine est devenue quasi inexistante dans le paysage éditorial actuel.

Débat sur l'IA en édition

L'affaire du livre de Duhaime relance le débat sur l'utilisation de l'IA dans l'écriture, notamment après la polémique autour du roman C’était ça ou mourir. Plusieurs éditeurs envisagent désormais d'instaurer des balises ou des labels pour encadrer l'usage de l'IA, tandis que certains auteurs réclament un label garantissant une écriture 100 % humaine. Jérôme Blanchet-Gravel qualifie cette demande d'utopique, affirmant que la technologie a rendu ce concept irréversible. Il souligne que même les livres politiques récents analysés par Pangram apparaissent comme 100 % humains, bien que leur rédaction ait pu être assistée par l'IA.

Ce que ça pourrait changer

Éric Duhaime n'en est pas à son premier livre : il a publié quatre ouvrages sans IA avant *Destination Autonomie*, dont *La SAQ pousse le bouchon* en 2014. Son éditeur, *Libre Média*, est une maison d'édition québécoise spécialisée dans les contenus politiques et conservateurs. La controverse actuelle s'inscrit dans un contexte plus large où l'IA transforme les industries créatives, soulevant des questions éthiques et pratiques sur l'authenticité des œuvres. Blanchet-Gravel conclut que, malgré ses réserves, l'adoption de l'IA dans l'écriture est une évolution technologique inévitable.

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