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Irlande du Nord : face-à-face tendu après le blocage d’une marche protestante

ICI Radio-Canada · mis à jour 27 sept.

C'est la première fois depuis 1997 qu'une telle marche était autorisée à traverser un quartier catholique..

Tension à Portadown

À Portadown, en Irlande du Nord, une situation tendue s’est prolongée dans la nuit du 27 septembre 2026 après qu’une marche protestante probritannique, autorisée pour la première fois depuis 1997, a été bloquée par des manifestants dans un quartier catholique. La marche, organisée par l’Ordre d’Orange (une organisation protestante unioniste), devait traverser Garvaghy Road, un secteur historiquement sensible. Des milliers de manifestants, sous une pluie battante, ont formé un barrage pour empêcher le défilé. Un important dispositif de sécurité, incluant hélicoptères et véhicules blindés, a été déployé pour éviter des affrontements. Le premier ministre britannique, Andy Burnham, a appelé au calme, soulignant que des progrès significatifs avaient été réalisés en Irlande du Nord depuis les accords de paix de 1998, et qu’il ne fallait pas risquer un retour en arrière.

Contexte historique

L’Irlande du Nord a été marquée par près de trois décennies de conflit, appelé The Troubles (1968-1998), opposant deux communautés : les républicains (majoritairement catholiques), favorables à l’unification avec l’Irlande, et les unionistes (majoritairement protestants), partisans du maintien dans le Royaume-Uni. Garvaghy Road, à Portadown, était l’un des épicentres des tensions dans les années 1990. Les accords du Vendredi saint (1998) ont mis fin à ce conflit en instaurant un partage du pouvoir et des règles strictes pour les défilés, notamment ceux de l’Ordre d’Orange, souvent perçus comme provocateurs par les catholiques. Depuis 1998, la Commission des parades (organisme indépendant) interdit à l’Ordre d’Orange de traverser Garvaghy Road, une décision confirmée à plusieurs reprises.

Revirement judiciaire

Samedi 26 septembre 2026, un revirement judiciaire a relancé les tensions. Un tribunal avait d’abord suspendu la marche, craignant une escalade des violences, mais une formation de trois juges de la Cour d’appel de Belfast a annulé cette décision vers minuit, estimant qu’il y avait eu une erreur de droit. Cette autorisation a été vivement critiquée par la première ministre nord-irlandaise, Michelle O’Neill (du parti républicain Sinn Féin), qui a rejoint la contre-manifestation. Elle a dénoncé une remise en cause du processus de paix, soulignant que les habitants de Garvaghy Road descendaient dans la rue pour défendre leur droit à vivre sans harcèlement sectaire. Mary Lou McDonald, présidente du Sinn Féin, a réaffirmé que les progrès réalisés depuis 1998 ne devaient pas être remis en question.

Ce que ça pourrait changer

Plusieurs acteurs politiques ont réagi à cette crise. Le ministre britannique chargé de l’Irlande du Nord, Chris Bryant, a quitté en urgence une conférence pour se rendre à Portadown et tenter de stabiliser la situation en dialoguant avec les dirigeants communautaires. Gavin Robinson, leader du *Democratic Unionist Party* (DUP, parti unioniste), a accusé le *Sinn Féin* d’avoir enfreint la loi en participant à une manifestation non déclarée. De son côté, la *Commission des parades* avait initialement interdit à l’Ordre d’Orange de défiler à Garvaghy Road depuis 1998, mais un vice de procédure avait conduit la *Haute Cour* à annuler cette restriction en août 2026. Une nouvelle demande de l’Ordre d’Orange a finalement abouti à l’autorisation d’une procession restreinte (35 membres seulement, sans fanfare ni partisans) le long de Garvaghy Road.

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