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Généraliste

Les citoyens incommodés par les odeurs de Sanimax ne sont pas au bout de leurs peines

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 29 j

La technologie actuelle ne permet pas de se conformer à la réglementation, dit l'entreprise d'équarrissage..

Contexte de l'usine

L’usine Sanimax, située dans le quartier Rivière-des-Prairies à Montréal, est en activité depuis 1957. Elle joue un rôle clé dans le secteur agroalimentaire québécois en récupérant et transformant les sous-produits animaux (carcasses de porc et de poulet) rejetés par les abattoirs de la province. Chaque semaine, entre 400 et 500 camions chargés de ces sous-produits y entrent. Ces activités génèrent des odeurs nauséabondes qui incommodent les résidents du quartier, construit à proximité bien après l’ouverture de l’usine. Sanimax est donc un maillon essentiel de la chaîne de recyclage des déchets animaux, mais son impact olfactif pose un problème de cohabitation avec les riverains.

Norme d'odeur inatteignable

La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) impose une norme stricte : les émissions d’odeurs ne doivent pas dépasser 1 unité d’odeur par mètre cube à la limite de la propriété de Sanimax. Actuellement, l’usine émet environ 2 700 unités d’odeur par mètre cube. Sanimax affirme avoir réduit ses émissions à moins de 20 unités grâce à des améliorations technologiques, mais considère impossible d’atteindre la norme de 1 unité. La Ville de Montréal conteste cette interprétation et affirme que la norme est réalisable. Une médiation, incluant une expertise indépendante, est en cours pour trancher ce désaccord technique.

Mesures déjà prises

Pour réduire les nuisances, Sanimax a déjà déplacé l’accès principal de son site, éloignant les camions de déchargement des zones résidentielles. L’entreprise a également prévu construire un garage équipé d’un système de traitement de l’air pour les camions en attente, comme elle l’a fait à son usine de Lévis. Un bâtiment doit aussi recouvrir l’aire de chargement des produits finis. Cependant, la Ville refuse d’autoriser ces aménagements, car leur système de traitement de l’air ne respecterait pas la norme municipale. Sanimax a aussi commencé la construction d’une usine de traitement des eaux usées, bien que l’entreprise juge cette exigence coûteuse et excessive.

Demande de dérogation

Face à l’impossibilité de se conformer aux règles, Sanimax demande une dérogation au gouvernement du Québec pour poursuivre ses activités sans respecter la norme de la CMM. L’entreprise invoque la nécessité de maintenir la chaîne agroalimentaire québécoise, car sans elle, les abattoirs comme Olymel devraient fermer, entraînant des ruptures de stock et des abattages humanitaires dans les fermes. Le ministre de l’Agriculture, Donald Martel, a répondu en encourageant la poursuite de la médiation entre Sanimax et la Ville, plutôt qu’une intervention directe du gouvernement. La Ville de Montréal et la conseillère d’arrondissements Marie-Claude Baril critiquent cette démarche, la qualifiant de tentative de contourner le processus établi.

Enjeux économiques et politiques

Le dossier Sanimax dépasse le cadre local : l’usine traite 460 000 tonnes de sous-produits animaux par an, soit la totalité de ceux produits par les abattoirs du Québec. Sans Sanimax, ces déchets devraient être enfouis, mais les sites d’enfouissement ne pourraient absorber un tel volume. L’entreprise est donc perçue comme indispensable à l’équilibre économique de la filière agroalimentaire. La médiation, menée avec l’aide d’un médiateur nommé par Québec et d’une firme d’ingénierie indépendante (Beaulier), vise à trouver un compromis. Cependant, les tensions persistent entre Sanimax, qui estime avoir fait des efforts, et la Ville, qui défend la santé des résidents et la rigueur des normes environnementales.

Ce que ça pourrait changer

La situation reste bloquée en 2025, malgré les promesses de Sanimax et les engagements pris en 2024 pour réduire les odeurs. L’entreprise continue de fonctionner en attendant une solution, tandis que la médiation se poursuit sous l’égide de la Ville et du gouvernement. Terry Finn, vice-président de Sanimax, exprime sa confiance dans un dénouement, mais souligne que sans intervention, l’usine devra peut-être cesser ses activités. Les résidents, eux, attendent une amélioration concrète de leur qualité de vie, tandis que le secteur agroalimentaire surveille de près l’issue du conflit, conscient de son importance stratégique pour le Québec.

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