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Généraliste

Des promesses électorales pour aider les familles et relancer la natalité

ICI Radio-Canada · mis à jour 23 sept.

Les partis tentent tous de séduire les familles, mais leurs promesses sont « incomplètes », selon des experts..

Campagne électorale familiale

Lors des élections au Québec en 2026, les partis politiques ciblent particulièrement les nouveaux parents avec des promesses pour améliorer leur quotidien et soutenir les familles. Plusieurs mesures sont proposées, notamment pour moderniser le Régime québécois d’assurance parentale (RQAP), un système qui verse des prestations financières aux parents après une naissance. Les partis comme la Coalition avenir Québec (CAQ), le Parti libéral du Québec (PLQ) et Québec solidaire (QS) veulent augmenter le nombre de semaines de prestations offertes. Cependant, des experts comme Benoît Laplante, démographe à l’INRS, soulignent que ces mesures ne visent pas principalement à augmenter la natalité, mais plutôt à faciliter la conciliation entre vie professionnelle et familiale. Le RQAP existe depuis 2006 et a permis de maintenir un écart favorable avec l’Ontario en termes de fécondité, sans pour autant inverser la tendance à la baisse des naissances au Québec.

Prestations du RQAP

Le Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) est un programme auquel tous les travailleurs cotisent obligatoirement. Il verse des prestations aux parents après une naissance, sous condition d’avoir travaillé et cotisé. Actuellement, les prestations partageables entre les parents s’élèvent à 70 % du salaire pendant les sept premières semaines, puis chutent à 55 % pour les 25 semaines suivantes. Sophie Mathieu, professeure à l’Université de Sherbrooke, critique ce montant trop bas, qui plonge les familles dans une situation financière difficile. Seul le Parti québécois (PQ) propose d’augmenter ces pourcentages à 75 % puis 60 %, ainsi qu’un plancher minimal de 300 $ par semaine. Ces prestations sont conçues pour éviter l’appauvrissement des jeunes parents, mais leur montant actuel est souvent jugé insuffisant pour couvrir leurs besoins.

Services de garde et natalité

Tous les partis, sauf le Parti conservateur du Québec (PCQ), promettent d’augmenter le nombre de places en services de garde subventionnés ou abordables. Cependant, Benoît Laplante, démographe, précise que ces mesures n’ont pas d’impact direct sur la natalité. Leur principal effet est d’encourager la participation des femmes au marché du travail. En effet, le manque de places en garderie peut contraindre les parents à réduire leur activité professionnelle, ce qui influence leurs choix familiaux. Au Québec, l’accès à des services de garde abordables est souvent cité comme un facteur clé pour les familles, mais il ne suffit pas à lui seul pour relancer la natalité, qui reste à un niveau historiquement bas.

Mesures natalistes du PCQ

Le Parti conservateur du Québec (PCQ) propose des mesures dites natalistes, visant explicitement à augmenter le nombre de naissances. Parmi ces propositions figurent des incitatifs financiers dès la naissance d’un enfant, sans détails précis, ainsi qu’un crédit hebdomadaire de 100 $ par enfant pour les parents qui choisissent de le garder à la maison. Éric Duhaime, chef du PCQ, reconnaît que ces mesures sont avant tout symboliques. Sophie Mathieu, experte en politiques familiales, compare ces propositions aux bébés-bonus des années 1980, où des sommes allant jusqu’à 8 000 $ étaient versées à la naissance d’un enfant. Elle souligne que ces stratégies n’ont jamais fonctionné au Québec ni dans d’autres pays comme l’Australie, et qu’elles sont coûteuses sans garantie de résultat.

Allocation pour les familles nombreuses

Le Parti québécois (PQ) propose une allocation annuelle de 700 $ pour le troisième et le quatrième enfant. Sophie Mathieu considère cette mesure comme un pas dans la bonne direction, car elle pourrait réduire la pression financière sur les familles nombreuses. Contrairement aux bébés-bonus, cette allocation n’est pas un chèque unique, mais une aide récurrente, ce qui limite son caractère incitatif à court terme. Le PQ refuse par ailleurs de qualifier ses propositions de natalistes, préférant les présenter comme des mesures de soutien aux familles. Cette approche contraste avec celle du PCQ, qui mise davantage sur des incitations financières directes.

Congé parental pour les pères

La Coalition avenir Québec (CAQ) propose d’ajouter deux semaines de prestations réservées exclusivement aux pères dans le cadre du RQAP. Sophie Mathieu salue cette initiative, bien qu’elle manque de détails sur son fonctionnement. Elle souligne que les études montrent que les hommes utilisent rarement les semaines partageables du congé parental, souvent prises par les mères en raison des normes sociales. Réserver ces semaines aux pères pourrait favoriser une répartition plus équitable des responsabilités familiales, tout en permettant aux mères de reprendre plus rapidement leur activité professionnelle. Cette mesure s’inscrit dans la volonté québécoise de promouvoir l’égalité entre les genres, mais son efficacité dépendra de son application concrète.

Comparaison internationale

Le Québec est considéré comme l’un des meilleurs systèmes en Amérique du Nord pour soutenir les familles, mais il reste en retard par rapport à certains pays européens. Sophie Mathieu cite en exemple la Suède, où les parents bénéficient de 480 jours de congé parental, ou l’Islande, où chacun des parents a droit à six mois de congé. Ces pays permettent également d’étaler les congés sur une période plus longue, par exemple pour accompagner les enfants à l’école. Le PQ et la CAQ envisagent des mesures similaires, comme le versement des prestations du RQAP jusqu’à trois ou cinq ans après la naissance. Cependant, les détails manquent pour évaluer leur portée réelle. Sophie Mathieu met aussi en garde contre les coupes budgétaires dans la fonction publique, qui pourraient aggraver les difficultés économiques des familles.

Ce que ça pourrait changer

Sophie Mathieu souligne que l’instabilité économique, politique et sociale actuelle au Québec n’est pas propice à la natalité. Elle mentionne notamment la difficulté à se loger et les tensions commerciales, qui créent un environnement anxiogène pour les jeunes adultes. Ces facteurs, combinés à des normes sociales en évolution où avoir un enfant n’est plus une priorité automatique, contribuent à la baisse de la natalité. Le Québec, qui affiche un taux de fécondité plus élevé que l’Ontario depuis 20 ans, reste cependant en dessous du seuil de remplacement des générations. Les promesses électorales, bien que bien intentionnées, pourraient ne pas suffire à inverser cette tendance sans une approche plus globale incluant logement, emploi et stabilité économique.

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