Le « guépard américain » n’était pas un guépard : son plus proche parent vivant est en réalité le...
Élancé, bâti pour la course, ce grand félin des plaines nord-américaines passait pour un parent du plus rapide des chasseurs africains. Son ADN raconte une autre histoire.
Un grand félin des plaines nord-américaines, longtemps surnommé le « guépard américain » en raison de sa morphologie élancée et adaptée à la course, a été étudié par des scientifiques. Ces derniers ont analysé son ADN pour déterminer ses liens de parenté avec d'autres espèces. Les résultats révèlent que ce félin n'est pas un parent proche du guépard africain (Acinonyx jubatus), contrairement à ce que suggérait son apparence physique. En réalité, son plus proche parent vivant est le puma (Puma concolor), un autre félin d'Amérique du Nord. Cette découverte remet en cause les hypothèses précédentes sur l'évolution des grands félins en Amérique.
Le « guépard américain » était un félin de grande taille, doté d'une morphologie similaire à celle du guépard africain : corps élancé, pattes longues et queue puissante, des caractéristiques typiques des animaux adaptés à la course rapide. Ces traits lui permettaient de chasser dans les vastes plaines nord-américaines. Cependant, cette ressemblance avec le guépard africain était trompeuse, car elle résultait d'une évolution convergente. L'évolution convergente désigne un phénomène où des espèces différentes développent des caractéristiques similaires en réponse à des pressions environnementales comparables, sans partager un ancêtre commun récent.
Les chercheurs ont utilisé des techniques de séquençage de l'ADN pour comparer le matériel génétique du « guépard américain » avec celui d'autres félins. Les données génétiques ont montré que ce félin partageait une grande partie de son patrimoine génétique avec le puma, un félin présent en Amérique du Nord et du Sud. Cette parenté génétique est plus étroite que celle avec le guépard africain, confirmant ainsi que le « guépard américain » n'était pas un guépard, mais un représentant d'une lignée de félins nord-américains. Ces résultats ont été publiés dans des revues scientifiques spécialisées, marquant une avancée dans la compréhension de l'évolution des félins.
Le « guépard américain » vivait principalement dans les plaines nord-américaines, un écosystème propice à la course rapide en raison de l'absence d'obstacles naturels. Cependant, des preuves archéologiques et génétiques suggèrent que certaines populations de ce félin ont également vécu dans des régions plus septentrionales, comme l'Arctique. Des traces de leur présence ont été découvertes dans des zones où les conditions climatiques étaient extrêmes, indiquant une adaptation remarquable à des environnements variés. Cette répartition géographique étendue soulève des questions sur les capacités d'adaptation de l'espèce.
Cette découverte a des implications majeures pour la compréhension de l'évolution des félins en Amérique. Elle montre que la morphologie ne suffit pas à déterminer les liens de parenté entre espèces, car des traits similaires peuvent apparaître indépendamment chez des animaux non apparentés. Elle met également en lumière la diversité des félins nord-américains, souvent éclipsée par l'attention portée aux grands félins africains ou asiatiques. Enfin, cette étude rappelle l'importance des techniques modernes, comme le séquençage génétique, pour résoudre des questions biologiques complexes.

