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Géopolitique

Pourquoi le Togo détient-il depuis près d’un mois deux journalistes français ?

Courrier International · mis à jour il y a 10 j

Deux réalisateurs français sont détenus dans ce pays d’Afrique de l’Ouest depuis le 27 juillet. Arrêtés alors qu’ils tournaient un documentaire, ils sont inculpés pour “fausses déclarations”, les autorités togolaises affirmant ne pas avoir reçu de demande d’accréditation.

Deux journalistes détenus

Depuis le 27 juillet 2026, deux journalistes français réalisateurs de documentaires sont détenus au Togo. Arrêtés près de la ville de Kara, dans le nord du pays, ils travaillaient sur un reportage pour l'émission Les Routes de l'impossible, diffusée sur France 5. Les autorités togolaises les accusent de fausses déclarations, une infraction juridique qui consiste à fournir des informations inexactes ou trompeuses à une administration. Leurs équipements ont été saisis et leurs images analysées, bien que l'enquête n'ait pas révélé de preuves d'espionnage, une activité secrète visant à obtenir des informations sensibles pour un État ou une organisation.

Accusations initiales

Les deux journalistes ont d'abord été accusés d'espionnage par les autorités togolaises. Ce terme désigne l'acte de recueillir, de transmettre ou de tenter d'obtenir des informations confidentielles, souvent dans un contexte politique ou militaire, sans autorisation. Après douze jours de détention à Kara, les charges d'espionnage ont été abandonnées, mais les journalistes ont été inculpés pour un problème lié à leur visa, un document officiel autorisant un étranger à entrer, séjourner ou travailler dans un pays. Leur collaborateur togolais, Fred, a également été arrêté et est détenu avec eux au camp d'Agoè Logopé, près de la capitale Lomé.

Réactions internationales

La détention des deux journalistes a suscité des critiques internationales, notamment de la part de l'ONG Reporters sans frontières (RSF), une organisation qui défend la liberté de la presse dans le monde. RSF a dénoncé les mesures répressives envers la liberté d'expression au Togo, un principe fondamental qui garantit le droit de diffuser et de recevoir des informations sans censure. La presse internationale, comme le site ivoirien Afrik.com et la BBC, a également souligné que cette affaire interroge les méthodes du pouvoir du président togolais Faure Gnassingbé, en place depuis 2005, et connu pour son contrôle strict sur les médias dans le pays.

Contexte et préparation

Selon la société de production Tony Comiti Productions, qui emploie les journalistes, leur tournage avait été préparé en collaboration avec les autorités togolaises. Cela signifie qu'ils avaient obtenu les autorisations nécessaires avant de commencer leur travail. Pourtant, les autorités togolaises affirment n'avoir reçu aucune demande d'accréditation pour ce reportage. L'accréditation est un document officiel délivré par un État ou une institution, permettant à un journaliste d'exercer son métier légalement sur son territoire. Cette contradiction entre les déclarations des journalistes et celles des autorités ajoute une dimension conflictuelle à cette affaire.

Ce que ça pourrait changer

Les deux journalistes français et leur collaborateur togolais sont actuellement détenus au camp d'Agoè Logopé, une prison située près de Lomé, la capitale du Togo. Leur détention dure depuis près d'un mois au moment de la publication de l'article, le 21 août 2026. Leur sort reste incertain, car les autorités togolaises n'ont pas encore rendu de verdict définitif. Cette affaire rappelle les tensions persistantes autour de la liberté de la presse dans certains pays africains, où les journalistes peuvent être confrontés à des restrictions ou à des poursuites pour leur travail d'investigation.

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