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Généraliste

L’été faunique dans l’œil d’Alexandre Shields

Le Devoir · mis à jour 24 sept.

Notre journaliste Alexandre Shields a photographié cet été différentes espèces qui illustrent la richesse de la biodiversité au Québec..

Hybridation des canidés

En Gaspésie, les coyotes et les loups s’hybrident fréquemment, ce qui rend difficile la distinction entre les deux espèces. Cette hybridation est un phénomène naturel, mais elle est particulièrement observable dans la réserve faunique de Matane, où Le Devoir a photographié un coyote. Les canidés sont des mammifères carnivores de la famille des chiens, incluant les loups, les coyotes et les renards. L’hybridation désigne le croisement entre deux espèces différentes, produisant une descendance fertile. Ce phénomène est courant chez les animaux proches génétiquement, comme les coyotes et les loups, qui partagent environ 99 % de leur ADN. En Gaspésie, cette hybridation pourrait être favorisée par la réduction des habitats naturels et la pression humaine, bien que les scientifiques n’aient pas encore déterminé les causes exactes de cette fréquence accrue.

Oiseau urbain inattendu

Le cormoran à aigrettes, un oiseau marin généralement associé aux côtes du Saint-Laurent, a été observé cet été dans le parc La Fontaine à Montréal. Cette espèce, reconnaissable à son plumage noir et à sa tête blanche, est connue pour plonger sous l’eau afin de capturer des poissons. Bien que son habitat naturel se situe le long des estuaires et des golfes, le cormoran à aigrettes s’adapte parfois à des milieux urbains, profitant des étangs et des plans d’eau artificiels. Son arrivée à Montréal illustre la capacité de certaines espèces à coloniser de nouveaux territoires, notamment en raison des changements climatiques ou de la modification des écosystèmes. Cependant, cette présence en ville peut aussi poser des défis, comme la compétition pour les ressources alimentaires avec d’autres espèces.

Lièvre d’Amérique visible

Le lièvre d’Amérique, une espèce abondante au Québec, est rarement observé en plein jour. Pourtant, cet été, un individu a été photographié au milieu de fleurs sauvages, dans un milieu naturel. Le lièvre d’Amérique (Lepus americanus) est un mammifère de la famille des léporidés, reconnaissable à ses longues oreilles et à sa fourrure grise ou brune selon la saison. Il se nourrit principalement de plantes, d’écorces et de bourgeons, ce qui en fait un herbivore. Bien qu’il soit très répandu, sa discrétion et son activité nocturne rendent son observation difficile. La présence de ce lièvre en plein jour suggère une adaptation à son environnement ou une période de forte activité alimentaire, peut-être liée à la saison estivale.

Pic et oriole menacés

Le grand pic, reconnaissable à sa crête rouge et à sa taille imposante, a été observé sur l’île Sainte-Hélène à Montréal, où il cherchait de la nourriture sur les troncs d’arbres. Cet oiseau, qui se nourrit d’insectes et de larves, est un indicateur de la santé des forêts. Parallèlement, une femelle oriole de Baltimore, un oiseau coloré, a été photographiée dans un décor fleuri. L’oriole de Baltimore (Icterus galbula) est une espèce migratrice qui parcourt jusqu’à 10 000 kilomètres entre le Québec et l’Amérique centrale. Cependant, cette espèce est en déclin en raison de la destruction des milieux naturels et de la disparition des insectes, deux problèmes liés à l’activité humaine. Ces observations soulignent l’importance de préserver les habitats naturels pour protéger ces oiseaux.

Baleine à bosse Cédille

La baleine à bosse Cédille, une femelle bien connue des scientifiques, a été observée cet été dans le Saint-Laurent, accompagnée de son huitième baleineau. Cette espèce, reconnaissable à ses nageoires longues et à ses acrobaties, est étudiée depuis 1990 dans le fleuve. Les baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) sont des mammifères marins qui se nourrissent de krill et de petits poissons. Le baleineau, qui pèse plusieurs tonnes à la naissance, reste près de sa mère pendant sa première année, apprenant à nager et à se nourrir. Les observations de Cédille et de son baleineau illustrent la résilience de cette espèce, malgré les menaces comme la pollution et les collisions avec les navires.

Rage et ratons laveurs

Le raton laveur a été au cœur de l’actualité cet été en raison de la propagation de la rage, une maladie virale mortelle pour les humains et les animaux. Ce phénomène est en partie lié au déplacement de certains ratons laveurs par des résidents qui les considèrent comme des nuisibles. Le raton laveur (Procyon lotor) est un mammifère omnivore, reconnaissable à son masque facial noir et à sa queue annelée. Il est capable de s’adapter à divers milieux, y compris les zones urbaines, où il trouve facilement de la nourriture. Cependant, sa présence en ville peut poser des problèmes de cohabitation, notamment en raison de la transmission de maladies comme la rage. Les autorités sanitaires recommandent de ne pas déplacer ces animaux pour éviter la propagation du virus.

Renards urbains

Des renards ont été observés au Jardin botanique de Montréal, illustrant la capacité de cette espèce à s’adapter à un milieu urbain. Ces carnivores opportunistes, capables de se nourrir de petits mammifères, d’oiseaux ou de déchets, trouvent toutes les ressources nécessaires pour vivre et se reproduire en ville. Le renard roux (Vulpes vulpes) est une espèce répandue au Québec, connue pour sa ruse et son adaptabilité. Sa présence dans un espace vert comme le Jardin botanique montre comment certaines espèces sauvages profitent des modifications des écosystèmes pour survivre. Cependant, cette cohabitation peut aussi entraîner des conflits avec les humains, notamment en raison des dégâts causés par ces animaux.

Ce que ça pourrait changer

Les parulines à flancs marron et à gorge orangée sont parmi les oiseaux les plus colorés du Québec. Ces deux espèces, qui pèsent à peine 10 grammes, migrent chaque année entre le Québec et l’Amérique centrale, parcourant des milliers de kilomètres. La paruline à gorge orangée (*Setophaga fusca*) et la paruline à flancs marron (*Setophaga pensylvanica*) sont des oiseaux insectivores qui se reproduisent au Québec en été avant de retourner vers des climats plus chauds pour l’hiver. Leur migration est l’une des plus longues parmi les oiseaux de petite taille. Cependant, ces espèces sont menacées par la destruction des milieux naturels et la disparition des insectes, deux problèmes liés à l’activité humaine. Leur présence au Québec est donc un indicateur de la santé des écosystèmes.

Sujets complémentaires

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