Il voulait «faire la peau aux écolos» : le président de la Coordination rurale Bertrand Venteau condamné à 15 000 euros d’amende
Ce jeudi, le tribunal correctionnel d'Auch (Gers) a condamné le président du syndicat agricole pour ses propos tenus en novembre 2025. Les associations parties civiles se disent satisfaites de la décision… et relancent une action en justice après de récentes saillies de l’agriculteur..
Le 15 octobre 2026, le tribunal correctionnel d'Auch (Gers) a condamné Bertrand Venteau, président national de la Coordination rurale (CR), un syndicat agricole, à une amende de 15 000 euros pour des propos tenus lors d'un congrès le 19 novembre 2025. Parmi ses déclarations, il avait affirmé qu'il fallait «faire la peau aux écolos», une expression jugée comme une provocation publique et directe non suivie d'effet à commettre un crime ou un délit. Le tribunal a estimé que ces propos, tenus lors d'une assemblée ouverte à la presse, remplissaient les conditions de publicité nécessaires pour caractériser cette infraction. Bertrand Venteau a également été condamné à verser 1 500 euros à l'association France Nature Environnement (FNE) au titre des frais de procédure.
Lors de son discours au congrès de la CR en novembre 2025, Bertrand Venteau a déclaré : «Les écolos, la décroissance, veulent nous crever, nous devons leur faire la peau.» Ces propos ont été prononcés lors d'un événement public, accessible non seulement aux membres du syndicat mais aussi à la presse et à d'autres participants. Le tribunal a considéré que cette publicité des propos permettait de qualifier l'infraction de provocation publique. La Coordination rurale est un syndicat agricole français, souvent perçu comme opposé aux mesures écologiques strictes, notamment celles liées à la transition écologique ou à la décroissance. Bertrand Venteau est une figure controversée, parfois associée à des positions proches de l'extrême droite.
Les associations France Nature Environnement (FNE), Générations futures et FNE Occitanie-Pyrénées se sont constituées parties civiles dans cette affaire. Anne Roques, juriste à FNE, a exprimé sa satisfaction quant à la reconnaissance de la gravité des faits par les juges. Elle a souligné que «les juges ont pris conscience de la gravité des faits, et de la pression sur la justice et les parties civiles le jour du procès». Les associations ont également dénoncé des violences récurrentes envers leurs membres, comme des jets d'œufs lors d'une audience le 3 septembre 2026, ou des messages menaçants comme «On va revenir bientôt. Tic tac, tic tac» laissés devant les locaux d'Indre Nature. Ces actes ont donné lieu à douze plaintes déposées par les victimes.
À la suite de sa condamnation, Bertrand Venteau a maintenu un discours perçu comme menaçant. Le 23 septembre 2026, lors d'une intervention sur RMC-BFM, il a encouragé les agriculteurs à construire des retenues d'eau illégales, déclarant : «On fera de jolis lacs, vous aurez des canards dessus». Face à ces propos, Générations futures et FNE ont saisi le juge civil pour faire retirer plusieurs communications de la CR, qu'elles jugent incitatives à enfreindre la loi. Ces communications, disponibles en format écrit et vidéo, encouragent à ne pas respecter les arrêtés liés à la sécheresse. Nadine Lauverjat, déléguée générale de Générations futures, a affirmé que «ces méthodes visent à nous faire taire» et que l'association «ira devant les tribunaux chaque fois que nécessaire».
La *Coordination rurale* est souvent pointée du doigt pour ses positions radicales en matière d'agriculture et d'écologie. Bertrand Venteau, son président, est régulièrement associé à des prises de position controversées, parfois proches de l'*extrême droite*. Les tensions entre ce syndicat et les associations écologistes se sont intensifiées ces derniers mois, avec des actes de violence envers les militants ou leurs locaux. Par exemple, les locaux d'*Indre Nature* ont été vandalisés avec des messages menaçants, tandis que des déchets ont été déposés devant le bâtiment. Ces incidents illustrent un climat de confrontation croissant entre certains acteurs agricoles et les défenseurs de l'environnement, dans un contexte de crise climatique et de restrictions liées à la sécheresse.

