En frappant Riyad, les houthistes se sont pris à leur propre piège
Les attaques inédites contre l’aéroport civil de la capitale saoudienne révèlent la fébrilité des rebelles yéménites, confrontés à une contre-offensive visant à reprendre le contrôle du détroit de Bab El-Mandeb. Cette aventure de trop va sans doute se retourner contre le groupe et son parrain iranien, estime le rédacteur en chef d’“Asharq Al-Awsat”, quotidien saoudien édité à Londres..
Les 10 et 11 octobre, les houthistes, un groupe armé yéménite soutenu par l’Iran, ont mené des attaques à l’aéroport de Riyad, la capitale de l’Arabie saoudite. Ces attaques, combinant missiles et drones, ont causé la mort de 13 personnes. Les houthistes avaient précédemment menacé de telles actions et leur mode opératoire correspond à leur stratégie historique de confrontation. Ces attaques surviennent alors que les houthistes perdent le contrôle du détroit de Bab El-Mandeb, une voie maritime stratégique située entre la mer Rouge et le golfe d’Aden. Ce détroit est crucial pour le transport maritime mondial, notamment pour le passage des pétroliers en provenance du Moyen-Orient.
Les houthistes ont tenté de compenser leur affaiblissement militaire en s’emparant du détroit de Bab El-Mandeb, espérant ainsi démontrer leur utilité à leur allié iranien. En effet, l’Iran, qui soutient les houthistes, fait face à des difficultés pour bloquer le détroit d’Ormuz, une autre voie maritime stratégique située entre le golfe Persique et le golfe d’Oman. Le blocage de ce détroit par l’Iran est affaibli par l’intervention de l’armée américaine, qui escorte des navires pour garantir leur passage. Les houthistes voulaient prouver qu’ils pouvaient jouer un rôle clé dans la région pour renforcer leur position face à l’Arabie saoudite et à ses alliés.
En menant ces attaques, les houthistes ont pris un risque important, car leurs actions pourraient se retourner contre eux. Leur stratégie de confrontation permanente et leur incapacité à maintenir leur position sur Bab El-Mandeb pourraient affaiblir leur crédibilité et leur soutien international. Leur objectif de s’imposer comme un acteur incontournable dans la région semble compromis, d’autant plus que leur mode d’action, marqué par la guerre et l’instabilité, est clairement identifié par les autres pays. Leur tentative de prouver leur utilité à l’Iran pourrait ainsi échouer et les isoler davantage.
Ces événements s’inscrivent dans un contexte de tensions accrues entre l’Arabie saoudite et l’Iran, deux puissances régionales rivales. Le conflit au Yémen, où les houthistes sont engagés contre une coalition dirigée par l’Arabie saoudite, illustre cette rivalité. Les détroits de Bab El-Mandeb et d’Ormuz sont des points de passage essentiels pour le commerce mondial, notamment pour le transport du pétrole. Leur contrôle est donc un enjeu majeur pour les pays de la région, qui cherchent à sécuriser leurs approvisionnements énergétiques et à affaiblir leurs adversaires.

