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Ce navire a coulé il y a 2 100 ans au large de la Turquie : les plongeurs y découvrent 6 511 céramiques intactes prisées des Romains

Science & Vie · mis à jour il y a 5 j

Un navire marchand a sombré il y a 2 100 ans au large d'Antalya avec toute sa cargaison. Les plongeurs en ont remonté 6 511 céramiques romaines intactes, protégées par l'argile glissée entre les pièces..

Épave romaine découverte

En 2024, des plongeurs ont identifié au large d’Antalya, en Turquie, l’épave d’un navire marchand romain ayant sombré il y a environ 2 100 ans, soit vers 100 avant notre ère. Cette découverte archéologique majeure s’est produite dans le cadre d’une mission sous-marine organisée par des équipes locales et internationales. Le site, situé à une profondeur de plusieurs dizaines de mètres, a été repéré grâce à des techniques de sonar et de cartographie sous-marine. Les archéologues ont confirmé qu’il s’agissait d’un bateau de commerce, probablement utilisé pour transporter des marchandises entre les ports de la Méditerranée orientale. Ce type de navire, appelé cargador dans la terminologie maritime antique, jouait un rôle clé dans l’économie romaine en assurant le transport de denrées et d’objets manufacturés.

Cargaison de céramiques intactes

Les plongeurs ont remonté depuis l’épave 6 511 céramiques romaines, toutes intactes, grâce à une protection naturelle offerte par l’argile accumulée entre les pièces. Ces objets, datés de la période républicaine romaine (entre 509 et 27 avant J.-C.), étaient probablement destinés à la vente ou à l’exportation. Les céramiques retrouvées incluent des amphores, des plats, des bols et des vases, typiques de la production artisanale de l’époque. Leur état de conservation exceptionnel s’explique par l’enfouissement rapide sous les sédiments marins, qui a limité l’exposition à l’oxygène et aux micro-organismes destructeurs. Ces objets sont aujourd’hui considérés comme des artefacts de grande valeur historique et archéologique, car ils illustrent les techniques de fabrication et les échanges commerciaux de la Rome antique.

Importance historique du site

Cette épave représente l’une des découvertes les plus importantes de ces dernières décennies en Méditerranée orientale, car elle offre un aperçu rare et préservé des pratiques commerciales romaines. Les 6 511 céramiques retrouvées constituent un échantillon représentatif des productions locales et importées de l’époque, ce qui permet aux chercheurs d’étudier les réseaux d’échange et les routes maritimes utilisées par les Romains. Antalya, connue dans l’Antiquité sous le nom de Attaleia, était un port stratégique sur la côte sud de la Turquie actuelle, reliant l’Asie Mineure à la Méditerranée. Les artefacts remontés seront probablement étudiés par des institutions turques et internationales, puis exposés dans des musées locaux pour le public.

Ce que ça pourrait changer

La conservation des céramiques a nécessité des techniques spécifiques pour éviter leur dégradation après leur remontée. Les objets, fragilisés par le sel et les micro-organismes marins, ont été placés dans des bains d’eau douce pour éliminer les dépôts de sel, puis traités avec des produits anti-fongiques et désinfectants. Certains artefacts ont également subi un séchage contrôlé en laboratoire pour préserver leur intégrité structurelle. Ces étapes sont essentielles pour stabiliser les céramiques avant leur étude ou leur exposition. Les équipes archéologiques ont collaboré avec des restaurateurs spécialisés dans les matériaux anciens pour garantir la pérennité des objets. Cette opération illustre l’importance des protocoles de conservation en archéologie sous-marine, où le temps et l’environnement marin jouent contre la préservation des vestiges.

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