À 48 h du vote, les partis lancent leurs derniers arguments pour courtiser les indécis
En cette fin de campagne, les chefs ont abordé le référendum, l'austérité ou encore l'autonomie..
À deux jours du scrutin prévu le 5 octobre 2026, les cinq principaux partis politiques du Québec (Parti québécois, Parti libéral, Parti conservateur, Coalition avenir Québec et Québec solidaire) mènent une campagne intensive pour séduire les électeurs indécis. Les caravanes électorales, qui sillonnent les régions clés comme Québec, Trois-Rivières et Montréal, concentrent leurs efforts sur les circonscriptions où chaque vote peut faire la différence. Le Parti québécois et le Parti conservateur ont privilégié la région de Québec avant de se diriger vers Trois-Rivières, tandis que le Parti libéral a suivi un parcours inverse, partant des Laurentides pour rejoindre Québec en passant par Trois-Rivières. La cheffe de la CAQ a sillonné la rive sud de Montréal, et Québec solidaire est restée dans la métropole. L'objectif est de mobiliser les derniers indécis avant le vote.
Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a appelé les électeurs à lui accorder une majorité absolue de 67 députés à l'Assemblée nationale, soit un minimum de sièges pour gouverner seul. Selon lui, cette majorité offrirait au PQ la légitimité nécessaire pour appliquer son plan des 100 premiers jours, qui inclut plusieurs mesures phares. Parmi celles-ci figurent la création d'un Secrétariat à l'efficacité gouvernementale et à l'allègement réglementaire, un projet de loi pour geler les salaires des députés, ministres et dirigeants des sociétés d'État, une baisse des taxes provinciales sur l'essence, un budget spécial pour lutter contre l'itinérance avant l'hiver, ainsi qu'un audit des projets informatiques gouvernementaux. Le PQ se positionne comme une alternative crédible à la CAQ, critiquant son manque de préparation en matière de gouvernance.
Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, a qualifié le projet souverainiste du PQ d'archaïque, reprenant une rhétorique similaire à celle de Mark Carney, premier ministre canadien. Selon lui, dans un contexte géopolitique marqué par la montée en puissance des États-Unis et de la Chine, les puissances moyennes comme le Québec doivent s'unir pour renforcer leur position. Il a cité l'exemple du Royaume-Uni, où le retour dans l'Union européenne est évoqué après le Brexit, un mouvement parfois surnommé bregret (contraction de Brexit et regret). Milliard a affirmé que le PLQ représente une alternative à la logique référendaire, en proposant une union renforcée avec le Canada pour faire face aux défis mondiaux.
Le Parti conservateur du Québec (PCQ), dirigé par Éric Duhaime, enregistre une progression notable dans les sondages, avec 20 % des intentions de vote selon le dernier coup de sonde Léger-Le Journal/TVA Nouvelles. Ce score historique pour le parti en fait le principal représentant de l'autonomisme de centre droit au Québec, selon Duhaime. Son objectif initial de faire élire 12 députés pour obtenir un groupe parlementaire officiel pourrait être atteint même avec un score de 20 %, bien que rien ne soit encore garanti. Duhaime a souligné l'importance de la participation électorale, notant que 25,59 % des Québécois ont déjà voté par anticipation. Il craint cependant que certains électeurs ne se mobilisent pas suffisamment dans certaines régions, notamment en dehors de Québec.
La cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, a présenté son parti comme la seule formation capable de sortir le Québec de l'éternel débat entre fédéralistes et souverainistes. Elle a critiqué le Parti libéral du Québec (PLQ), l'accusant de vouloir replonger le Québec dans des discussions référendaires. Selon Fréchette, le PLQ ne défend pas suffisamment l'identité québécoise, notamment sur des enjeux comme la laïcité, la langue ou les valeurs culturelles. La CAQ se présente donc comme une troisième voie, axée sur la gestion pragmatique des affaires publiques plutôt que sur les clivages traditionnels. Cette position vise à attirer les électeurs en quête de stabilité et de résultats concrets.
Québec solidaire (QS), représenté par sa co-porte-parole Ruba Ghazal, a positionné son parti comme le seul rempart contre l'austérité budgétaire au Québec. Ghazal a dénoncé les promesses de coupes budgétaires des quatre autres partis, affirmant que QS est le seul à défendre pleinement les services publics. Elle a également mis en garde contre l'influence des idées de droite, notamment celles portées par Éric Duhaime du PCQ, sur les autres formations politiques. Pour contrer cette tendance, QS appelle les électeurs à élire un maximum de députés solidaires à l'Assemblée nationale, afin de protéger les acquis sociaux et les investissements dans les services publics comme la santé et l'éducation.

