«Le Canada, tel qu’il est
Selon le premier ministre désigné, les Albertains constatent que «la fédération canadienne est un carcan»..
Un référendum à plusieurs questions a été organisé en Alberta le lundi précédent la publication de l'article. Les électeurs albertains ont été appelés à se prononcer sur six propositions liées à l'autonomie provinciale et aux relations avec le gouvernement fédéral. Parmi ces questions figuraient notamment le contrôle accru sur l'immigration, la protection des compétences provinciales contre les empiétements fédéraux, ou encore l'abolition du Sénat. Les résultats ont montré une volonté claire des Albertains de renforcer les pouvoirs de leur province, tout en rejetant massivement l'idée d'un référendum sur l'indépendance. Par exemple, 75 % des votants se sont opposés à la tenue d'un référendum ultérieur sur la souveraineté albertaine.
Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), premier ministre désigné du Québec, a réagi aux résultats du référendum albertain en affirmant que « le Canada, tel qu’il est, ne fonctionne pas » et que « le statu quo ne passe plus ». Il a salué la démarche des Albertains, qu’il considère comme un exemple de démocratie directe, et a appelé le gouvernement fédéral à prendre acte de leurs revendications. PSPP a notamment souligné que les Albertains, comme les Québécois, remettent en cause l’ordre constitutionnel canadien et les abus de pouvoir du régime fédéral dans des domaines de compétence provinciale. Il a annoncé que le Québec, sous son gouvernement, fera entendre ce message à Ottawa et collaborera avec d’autres provinces partageant les mêmes constats. PSPP s’est engagé à tenir un référendum sur l’indépendance du Québec à la fin d’un mandat de quatre ans.
Les Albertains ont exprimé leur soutien à plusieurs revendications visant à élargir l’autonomie de leur province. Plus de 52 % des votants ont approuvé le choix des juges provinciaux par le gouvernement albertain, tandis que 53 % ont voté pour l’abolition du Sénat canadien, une chambre haute du Parlement fédéral souvent critiquée pour son inefficacité. Une majorité de 51 % a soutenu la protection des compétences provinciales contre les empiétements fédéraux, un enjeu récurrent dans les tensions entre Ottawa et les provinces. En matière d’immigration, 54 % des Albertains ont souhaité un contrôle accru de leur province sur ce domaine, traditionnellement géré par le gouvernement fédéral. D’autres propositions, comme la restriction de l’accès des immigrants à l’aide sociale (57,8 %) ou l’imposition de frais aux résidents temporaires pour les services publics (57 %), ont également été adoptées.
Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), a salué les résultats du référendum albertain et a appelé les Québécois à s’en inspirer pour renforcer leur rapport de force face au gouvernement fédéral. Selon lui, le Québec devrait renoncer à son projet de référendum sur la souveraineté et plutôt s’allier avec l’Alberta pour obtenir davantage de pouvoirs, notamment en matière d’immigration. Duhaime a critiqué l’ancien premier ministre François Legault pour avoir abandonné des positions autonomistes, tandis qu’il a loué la combativité de la première ministre albertaine Danielle Smith, qu’il présente comme ayant réussi à arracher des gains pour sa province. Il a également rejeté l’idée d’un référendum à plusieurs questions au Québec, arguant que ces enjeux y font déjà consensus.
Charles Milliard, chef de l’opposition officielle libérale au Québec et membre du Parti libéral du Québec (PLQ), a salué le rejet par les Albertains d’un référendum sur l’indépendance, un choix qu’il présente comme une volonté de préserver l’unité canadienne. Il a invité PSPP à prendre acte de ce résultat et à développer des relations solides avec ses homologues provinciaux. Milliard a réaffirmé la conviction de son parti selon laquelle la fédération canadienne reste la meilleure option pour le Québec. Contrairement à Duhaime, il n’a pas commenté les autres questions du référendum albertain, notamment celles portant sur l’immigration ou les compétences provinciales, se concentrant uniquement sur l’aspect souverainiste du scrutin.

