Nétanyahou se montre combatif à la tribune de l’ONU et attaque ses détracteurs
«Ils accusent Israël, le minuscule Israël, de colonialisme, quel colonialisme?» a lancé le dirigeant israélien..
Benjamin Nétanyahou, premier ministre israélien, a prononcé un discours combatif lors de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies à New York. Il a réagi aux nombreuses critiques envers Israël, notamment sur la colonisation et les violences en Cisjordanie occupée. Nétanyahou a rejeté les accusations de colonialisme, déclarant : « Ils accusent Israël, le minuscule Israël, de colonialisme, quel colonialisme? » Il a également défendu sa politique en affirmant que les violences en Cisjordanie étaient le fait d’une « poignée de jeunes délinquants », estimant leur nombre à environ 150 individus. Le discours a été marqué par des protestations : des dizaines de délégués ont quitté la salle avant son intervention, et Nétanyahou a lancé : « S’il reste encore dans cette salle des lâches qui n’ont pas quitté les lieux, qu’ils le fassent maintenant ».
Nétanyahou a réaffirmé son engagement à empêcher l’Iran de se doter d’armes nucléaires, qualifiant le régime iranien de « dictature meurtrière ». Il a déclaré avoir travaillé avec les États-Unis pour bloquer le programme nucléaire iranien, affirmant que ces armes étaient destinées à « détruire Israël » et à « menacer le monde entier ». Il a prédit la chute du régime iranien, sans préciser de calendrier. Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions régionales accrues, où l’Iran est régulièrement accusé de soutenir des groupes armés comme le Hamas ou le Hezbollah. Aucune preuve directe de développement d’armes nucléaires par l’Iran n’est mentionnée dans l’article.
Nétanyahou s’en est pris au maire de New York, Zohran Mamdani, militant pro-palestinien, qu’il a accusé de soutenir le Hamas. Il a répété à trois reprises « honte à vous », accusant Mamdani d’avoir rendu les Juifs de New York moins en sécurité depuis son élection. Mamdani, membre de l’aile gauche du Parti démocrate américain, avait auparavant qualifié Nétanyahou de « génocidaire ». Le premier ministre israélien a également évoqué une possible arrestation lors du sommet de l’ONU, bien que Mamdani ait reconnu ne pas pouvoir exécuter un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) visant Nétanyahou pour des accusations de crimes de guerre et contre l’humanité. Des manifestants, dont l’actrice Susan Sarandon, ont été interpellés lors de la visite de Nétanyahou à New York.
Nétanyahou est en campagne pour les législatives israéliennes du 27 octobre 2024, à la tête du gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël. Depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, son pays est engagé dans une guerre sur plusieurs fronts : Gaza, Liban, Syrie et Iran. Il a intensifié la colonisation en Cisjordanie occupée, où les violences entre colons israéliens et Palestiniens se sont multipliées. Selon les données de l’AFP et du ministère palestinien de la Santé, plus de 1100 Palestiniens (combattants et civils) ont été tués en Cisjordanie depuis le 7 octobre 2023, contre près de 50 Israéliens (civils et militaires) tués dans des attaques ou des opérations militaires dans la même région.
Plusieurs dirigeants étrangers ont critiqué la politique israélienne lors de l’Assemblée générale de l’ONU. Le président français Emmanuel Macron a dénoncé les agissements israéliens en Cisjordanie, affirmant que le *Hamas* n’y avait « jamais sévi ». Israël a répondu en qualifiant ces propos d’« absurdité grotesque » et a minimisé la situation, évoquant une « poignée de jeunes délinquants ». Par ailleurs, le président de l’*Autorité palestinienne*, Mahmoud Abbas, a dénoncé des mesures punitives américaines l’empêchant de se rendre aux États-Unis, où il aurait dû s’exprimer par vidéo en raison du refus de visa. Abbas a également critiqué les politiques israéliennes, les jugeant menaçantes pour « la vie et l’existence mêmes » du peuple palestinien.

