Chris Kreider, une embauche qui nécessite le pardon
La mise sous contrat du vétéran par le Canadien de Montréal est salutaire à plusieurs points de vue..
Le Canadien de Montréal a annoncé l’embauche de l’ailier Chris Kreider pour une durée d’un an, malgré des réticences de ses partisans. Le contrat comprend un salaire de base de 2,15 millions de dollars, avec des bonis potentiels de 3 millions supplémentaires en fonction de ses performances. Les dirigeants Kent Hughes et Jeff Gorton ont négocié l’accord discrètement à Gatineau, sans confirmer officiellement les chiffres. Kreider, âgé de 35 ans, arrive après avoir résilié son contrat avec les Ducks d’Anaheim pour libérer des fonds afin de recruter le jeune Cutter Gauthier. Son choix de rejoindre le Canadien, une équipe canadienne, est considéré comme inhabituel dans le contexte actuel du hockey nord-américain.
Chris Kreider est connu des amateurs du Canadien pour un incident survenu en 2014, lors de la finale d’Association contre les Rangers de New York. Il avait provoqué une collision avec le gardien Carey Price, mettant fin prématurément aux séries éliminatoires de ce dernier et réduisant les chances de victoire du CH. Cet événement a marqué les esprits et explique en partie la rancœur persistante envers le joueur. Malgré ce passé, le Canadien mise sur son expérience et son style de jeu pour renforcer son attaque. Kreider a inscrit 22 buts et 50 points la saison dernière, des statistiques qui en font un renfort potentiellement utile, notamment en séries éliminatoires où son approche physique pourrait être un atout.
Kreider est décrit comme un joueur au style lourd et direct, capable de créer des occasions devant le filet adverse. Bien qu’il ne soit plus aussi rapide qu’à ses débuts, son jeu robuste pourrait compléter l’attaque du Canadien. Il a marqué des points importants en avantage numérique (période où une équipe joue avec un joueur de plus) tout au long de sa carrière, mais son intégration dans la première unité offensive n’est pas garantie. Il pourrait plutôt évoluer au sein du troisième trio, derrière Ivan Demidov, ou renforcer le deuxième trio si nécessaire. Son arrivée pourrait limiter les opportunités de jeu pour Zachary Bolduc, un jeune joueur en développement.
L’embauche de Kreider s’inscrit dans une stratégie économique du Canadien. En signant un contrat d’un an, l’équipe minimise les risques liés à l’âge du joueur, tout en maintenant une certaine flexibilité salariale. Les bonis de performance pourraient être absorbés par la masse salariale de la saison suivante, sans impacter négativement le budget à long terme. Cette acquisition permet également au Canadien de s’améliorer sans avoir à céder d’actifs (joueurs ou choix de repêchage), ce qui est un avantage notable. Le salaire proposé, bien que élevé, reste inférieur à celui que Kreider aurait pu obtenir en Californie, où il évoluait auparavant.
L’arrivée de Kreider a été facilitée par les liens personnels entre les dirigeants du Canadien et le joueur. Martin St-Louis, ancien coéquipier de Kreider chez les Rangers de New York, ainsi que Jeff Gorton, qui a été directeur général des Rangers, connaissent bien le joueur. Ces relations ont probablement joué un rôle clé dans la négociation et la signature du contrat. Kreider, qui souhaitait revenir dans l’Est des États-Unis, a choisi le Canadien comme destination, malgré les offres plus lucratives disponibles ailleurs. Cette décision reflète une confiance mutuelle entre le joueur et l’organisation.
L’acquisition de Kreider est perçue comme une bonne affaire pour le Canadien, malgré les réticences des amateurs. Son expérience et son style de jeu pourraient apporter une dimension supplémentaire à l’équipe, notamment en séries éliminatoires. Cependant, son intégration pourrait réduire le temps de jeu de Zachary Bolduc, un jeune joueur en quête de plus d’opportunités. Le contrat d’un an limite les risques financiers, tandis que les bonis de performance offrent une marge de manœuvre supplémentaire. Cette embauche illustre également la perception externe du Canadien, qui parvient à attirer des joueurs expérimentés malgré un contexte économique tendu.

