La forêt publique est-elle accessible en temps de chasse?
L'automne, la fôret publique est envahie par les chasseurs ce qui laisse peu de place aux autres utilisateurs..
Un randonneur, Jean-Louis Arseneault, s’est vu refuser l’accès à une tour d’observation située dans les Chic-Chocs, un territoire public, par un chasseur pendant la période de chasse à l’arc. Cette tour, appelée l’observatoire Chic-Chocs, est un belvédère récent d’une valeur de 390 000 $, financé par le gouvernement. Le randonneur souhaitait y admirer les paysages d’automne avec ses enfants. Le chasseur lui a indiqué que le territoire était réservé à la chasse, bien que ce dernier soit public. Arseneault, ancien agent de protection de la faune, considère cette situation inacceptable, car selon lui, les terres publiques doivent être accessibles à tous en tout temps, même pendant la chasse. Le chasseur n’a pas pu être contacté pour confirmer son point de vue.
Le Syndicat des agents de protection de la faune (SAPFQ) rappelle que la réglementation québécoise stipule que les terres publiques doivent rester accessibles à tous, y compris pendant la période de chasse. Aucun chasseur, pêcheur ou trappeur ne peut interdire l’accès à ces territoires pour des activités comme la randonnée, le vélo ou l’observation. Martin Perreault, président du SAPFQ, insiste sur ce principe : la forêt publique appartient à l’État et doit être partagée équitablement. Cependant, cette règle n’est pas toujours respectée sur le terrain, comme le montre l’incident impliquant Arseneault. Le SAPFQ souligne que les agents de protection de la faune sont chargés de faire respecter cette accessibilité.
Le Club Quad de la Matanie, qui a construit l’observatoire Chic-Chocs, affirme ne pas réserver le secteur à un groupe de chasseurs. Alain Desmeules, vice-président et responsable de la sécurité du club, précise que les membres du club sont invités à éviter la forêt pendant la période de chasse par mesure de sécurité. Il explique que les risques d’accidents sont élevés, notamment en raison des déplacements des chasseurs et de la méconnaissance des sentiers. Le club affiche des alertes sur son site internet, indiquant que le sentier menant à l’observatoire est en mode avertissement (signalé en jaune) pendant la chasse. Cependant, cette recommandation ne constitue pas une interdiction formelle.
Certains randonneurs, comme Robert Delisle, résident de Cap-Chat, évitent de se rendre en forêt pendant la période de chasse par crainte de conflits ou de se sentir indésirables. Delisle décrit une zone grise où l’incertitude règne : les chasseurs semblent s’approprier le territoire, et les randonneurs ne savent pas toujours s’ils ont le droit d’y accéder. Cette situation crée un malaise, car elle limite l’usage récréatif des terres publiques. L’Association des chasseurs et des pêcheurs de la Matanie rappelle pourtant que les chasseurs n’ont pas le droit d’interdire l’accès à un lieu public. La Fédération des chasseurs de la Gaspésie encourage quant à elle un partage pacifique du territoire.
Jean-Louis Arseneault dénonce une *appropriation* du territoire public par certains chasseurs, qu’il qualifie de *règne de la peur*. Il critique le fait que des chasseurs se comportent comme si les terres publiques leur appartenaient exclusivement pendant la saison de chasse. Cette situation n’est pas isolée : l’article mentionne que plus de **400 occupations sans droit** sur des terres publiques de la région ont été recensées pour la période **2025-2026**. Ces occupations illégales, souvent des installations temporaires ou permanentes, empiètent sur l’accès légitime des autres usagers. Arseneault appelle à une clarification des règles pour éviter ces abus.

