Comment les partis se sont-ils démarqués chez vous?
Zoom sur la géographie des appuis aux cinq grands joueurs des élections de lundi..
Au Québec, après les élections de 2026, la carte électorale se partage principalement entre trois partis : le Parti québécois (PQ), le Parti libéral du Québec (PLQ) et le Parti conservateur du Québec (PCQ). Ces trois formations dominent les circonscriptions, mais avec des forces inégales selon les régions. Le PQ, par exemple, a remporté des circonscriptions autour des grands centres urbains comme les Laurentides et la Rive-Sud de Montréal. Il a aussi conservé une forte présence dans des régions plus éloignées comme la Côte-Nord, le Saguenay ou l'Abitibi. Le PLQ, quant à lui, reste solidement implanté dans la grande région de Montréal, notamment dans l'ouest de l'île, ainsi qu'à Laval et dans les Cantons-de-l'Est, où il a regagné du terrain après deux cycles électoraux dominés par la CAQ. Cette répartition montre une fragmentation inédite du vote, avec des victoires possibles malgré des scores en voix relativement faibles.
Le Parti québécois (PQ) a remporté les élections avec seulement 28 % des voix, un score considéré comme exceptionnellement bas pour former un gouvernement. Selon André Lamoureux, chargé de cours en science politique à l'UQAM, une telle victoire avec une part aussi réduite des suffrages est « extrêmement rare ». Cette performance s'explique par une concentration des appuis dans des régions clés, comme les Laurentides, la Rive-Sud de Montréal, la Côte-Nord, le Saguenay ou l'Abitibi. Le PQ a ainsi profité de ses bastions traditionnels, tout en limitant les gains des autres partis dans ces zones. Cette victoire illustre une dynamique politique où la géographie électorale joue un rôle plus déterminant que le score national global.
Le Parti libéral du Québec (PLQ) a confirmé sa domination historique dans la région de Montréal, où il est majoritaire depuis une vingtaine d'années. Le parti a obtenu des résultats solides dans l'ouest de l'île, ainsi qu'à Laval et dans les Cantons-de-l'Est, des territoires autrefois acquis par d'autres formations. Cette victoire libérale marque un retour à la tradition après deux cycles électoraux où la Coalition avenir Québec (CAQ), dirigée par Christine Fréchette, avait remporté ces régions. Le PLQ a ainsi profité d'un réalignement des votes, notamment dans des zones comme Gatineau et les Cantons-de-l'Est, où la CAQ avait progressé précédemment.
Le Parti conservateur du Québec (PCQ) a réalisé une percée inattendue en s'imposant dans des circonscriptions éloignées des grands centres urbains. Dans certaines régions comme le Saguenay, la Mauricie ou les Laurentides, le PCQ a obtenu entre 20 % et 33 % des voix, des scores bien supérieurs à ceux des élections précédentes. Son succès a été particulièrement marqué dans la Capitale-Nationale, la Beauce et Charlevoix, où il a dépassé la moitié des suffrages dans plusieurs circonscriptions. Cette performance a contribué à la quasi-disparition de la CAQ de l'Assemblée nationale, malgré un score national de 13 % des voix pour cette dernière. Le PCQ a ainsi capté une partie de l'électorat caquiste, notamment dans des zones où la CAQ était forte en 2018 et 2022.
La Coalition avenir Québec (CAQ), dirigée par Christine Fréchette, a subi un revers électoral majeur en perdant sa représentation à l'Assemblée nationale, bien qu'elle ait obtenu 13 % des voix. Selon André Lamoureux, cette défaite s'apparente à un « ouragan » qui a balayé les circonscriptions traditionnellement caquistes. Cependant, l'expert tempère cette chute en rappelant que d'autres partis, comme le PQ, ont connu des rebonds après des défaites électorales. La CAQ pourrait donc, à terme, retrouver une place centrale dans le paysage politique québécois, comme cela s'est produit par le passé pour d'autres formations.
Le parti **Québec solidaire (QS)** a conservé les circonscriptions qu'il détenait déjà en 2022, principalement dans les quartiers centraux de Montréal, Québec et Sherbrooke. Cependant, il n'a réalisé aucun gain significatif lors de ces élections, avec un score de **12,4 % des voix** et seulement **9 sièges**. Ce résultat est en deçà du seuil de **20 % des voix** ou de **12 députés** nécessaires pour être reconnu comme groupe parlementaire à l'Assemblée nationale. **André Lamoureux** souligne que cette performance marque un recul par rapport aux ambitions affichées en 2016, où le parti espérait une progression vers le pouvoir. Aujourd'hui, QS est en phase de consolidation plutôt que d'expansion.

