La France aurait sollicité l’Algérie pour augmenter “au plus vite” ses livraisons d’hydrocarbures
Face aux tensions d’approvisionnement, Paris aurait adressé une demande discrète à Alger pour obtenir des volumes supplémentaires d’or noir et de gaz naturel liquéfié, selon le média arabophone couvrant les marchés de l’énergie “Attaqa”. Malgré des relations compliquées avec Alger, Paris cherche des solutions face aux pics de consommation hivernaux, sur fond de mobilisations sociales, estime la presse du Maghreb..
Selon le média arabophone Attaqa et d’autres sources citées par Courrier international, la France aurait adressé une demande discrète à l’Algérie pour augmenter rapidement ses livraisons de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL). Cette requête vise à répondre à une tension croissante sur les approvisionnements énergétiques en Europe, aggravée par les conflits au Moyen-Orient et la guerre en Ukraine. La France cherche ainsi à sécuriser des volumes supplémentaires avant l’hiver 2026, période où la consommation d’énergie atteint généralement des pics en raison du froid. La demande française est qualifiée d’urgence par les médias, soulignant l’urgence de la situation pour Paris.
L’Algérie est perçue comme un partenaire stratégique par la France pour plusieurs raisons. D’abord, sa proximité géographique avec l’Europe permet des livraisons rapides et directes, sans passer par des zones maritimes à risque comme le détroit d’Ormuz, souvent sujet à des tensions géopolitiques. Ensuite, l’Algérie dispose de réserves importantes d’hydrocarbures et d’infrastructures de transport adaptées, notamment via le gazoduc Medgaz qui relie directement l’Algérie à l’Espagne et, indirectement, à la France. Enfin, les relations entre les deux pays, bien que parfois tendues, restent suffisamment stables pour permettre des échanges commerciaux de cette envergure. La France espère ainsi stabiliser les prix du carburant et éviter des pénuries en période hivernale.
La demande française intervient dans un contexte de crise énergétique en Europe. Les prix du gaz naturel liquéfié (GNL) ont fortement augmenté en raison de plusieurs facteurs : les perturbations des approvisionnements liés à la guerre en Ukraine, les tensions au Moyen-Orient, et des niveaux de stockage en Europe qui restent bas à l’approche de l’hiver 2026. Ces tensions ont un impact direct sur les prix à la pompe en France, où les consommateurs subissent déjà une flambée des coûts des carburants. Le président français Emmanuel Macron a récemment effectué un déplacement dans les pays du Golfe pour tenter de sécuriser des approvisionnements supplémentaires et limiter cette hausse des prix. La situation est d’autant plus critique que l’Europe cherche à réduire sa dépendance au gaz russe.
Cette demande française intervient alors que les relations entre la France et l’Algérie traversent des périodes de tensions, notamment sur des sujets comme la mémoire coloniale ou les migrations. Cependant, sur le plan économique, les deux pays maintiennent des échanges essentiels, notamment dans le secteur des hydrocarbures. Pour la France, l’enjeu est double : sécuriser ses approvisionnements énergétiques et éviter une crise sociale en période de mobilisations contre la hausse du coût de la vie. Pour l’Algérie, cette demande représente une opportunité de renforcer son rôle sur le marché européen de l’énergie, tout en affichant sa capacité à jouer un rôle stabilisateur dans la région.
Face à cette situation, la France explore plusieurs pistes pour diversifier ses sources d’approvisionnement. En plus de l’Algérie, Paris a récemment multiplié les contacts avec les pays du Golfe, comme l’Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis, pour obtenir des livraisons supplémentaires de pétrole. Cependant, ces approvisionnements transitent souvent par des routes maritimes plus longues et plus exposées à des risques géopolitiques, comme le détroit d’Ormuz. L’Algérie, en revanche, offre une solution plus directe et moins risquée, grâce à ses infrastructures terrestres et à sa proximité avec l’Europe. Cette demande s’inscrit donc dans une stratégie globale visant à sécuriser les ressources énergétiques de la France à moyen terme.

