Russie : début des législatives, en pleine guerre en Ukraine
Le vote pour renouveler les 450 sièges de la chambre basse du Parlement russe doit durer jusqu'à dimanche..
Les élections législatives russes ont débuté vendredi matin dans l'Extrême-Orient russe et se poursuivront jusqu'à dimanche 2 heures (heure de Moscou). Ces élections visent à renouveler les 450 sièges de la Douma, la chambre basse du Parlement russe. Ce scrutin, organisé sur trois jours, est le premier depuis le début de l'offensive russe en Ukraine en février 2022. Les bureaux de vote sont également ouverts dans les territoires ukrainiens occupés et annexés par la Russie, comme le Donbass ou la Crimée. Les premiers résultats sont attendus dès la clôture du vote. Ces élections permettent au Kremlin d'évaluer l'état d'esprit de la population russe face à un conflit qui dure depuis plus de quatre ans et qui a déjà causé des centaines de milliers de morts et de blessés.
Le parti Russie unie, dirigé par Vladimir Poutine, est largement favori pour remporter ces élections législatives. Il domine déjà la Douma sortante et devrait conserver sa majorité absolue, selon les analystes et les électeurs. Les autres partis autorisés à participer, comme le KPRF (communistes), le LDPR (nationalistes), Russie juste (conservateurs) ou les Nouvelles personnes (libéraux), soutiennent tous la politique du président russe, y compris la poursuite de la guerre en Ukraine. Le parti Iabloko, seul à s'opposer frontalement à la guerre, a été exclu du scrutin en août 2026 après une décision de justice dans un contexte de répression accrue contre l'opposition. Pour de nombreux Russes, voter pour un autre parti que Russie unie semble donc sans impact réel.
Ces élections se déroulent dans un contexte de guerre prolongée en Ukraine, où les frappes ukrainiennes ciblent désormais les infrastructures énergétiques et les entreprises russes, comme les géants du commerce en ligne Wildberries et Ozon. Ces attaques provoquent des pénuries, des dégâts matériels estimés à plusieurs milliards de roubles et des victimes civiles. Parallèlement, l'opposition en exil a appelé les Russes opposés à la guerre à voter symboliquement contre Russie unie le 20 septembre à midi, en organisant une action coordonnée. Depuis 2022, la répression contre toute forme d'opposition s'est intensifiée, limitant drastiquement les possibilités de contestation politique en Russie.
Pour Vladimir Poutine, ces élections sont un moyen de démontrer un soutien populaire à sa politique, notamment face à la guerre. Il a insisté sur l'importance du vote pour montrer l'unité des Russes derrière les combattants en Ukraine. Cependant, le scrutin pourrait aussi révéler un mécontentement croissant de la population face aux conséquences du conflit, comme les mobilisations de réservistes (300 000 hommes en septembre 2022) ou les difficultés économiques. La crainte d'une nouvelle mobilisation massive, évoquée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, plane sur ces élections, bien que le Kremlin ait démenti à plusieurs reprises cette possibilité. Ces législatives serviront donc de baromètre pour mesurer la tolérance des Russes face à un conflit qui s'éternise.
La *Douma* est la chambre basse du Parlement russe, dont les 450 députés sont élus pour cinq ans. Elle joue un rôle clé dans l'adoption des lois, mais son pouvoir est limité par le contrôle exercé par le Kremlin. *Russie unie*, le parti au pouvoir, y détient déjà une large majorité, ce qui permet à Vladimir Poutine de faire adopter ses réformes sans opposition significative. Ces élections sont donc moins un scrutin compétitif qu'un exercice de légitimation du pouvoir en place. Pour le président russe, une forte participation et un score élevé de *Russie unie* renforceront sa position, tant sur la scène intérieure qu'internationale, en montrant que la Russie reste unie malgré les sanctions et l'isolement diplomatique.

