Trump en campagne sur des terres républicaines avant des élections à haut risque
Les démocrates se mettent à croire en une victoire dans le Kansas, un État traditionnellement républicain..
Donald Trump, président américain sortant, multiplie les rassemblements dans des États traditionnellement républicains avant les élections de mi-mandat du 3 novembre 2024. Ces élections, appelées midterms, désignent le renouvellement partiel du Congrès américain, avec notamment l'élection de tous les membres de la Chambre des représentants et d'un tiers des sénateurs. Trump se rend dans des États qu'il a remportés lors de l'élection présidentielle de 2024, comme le Kansas, la Caroline du Nord, la Caroline du Sud, l'Iowa, la Floride, la Géorgie et le Michigan. Son objectif est de mobiliser les électeurs républicains pour éviter une perte de majorité à la Chambre des représentants et au Sénat. Ces déplacements s'inscrivent dans un contexte où les sondages sont défavorables aux candidats républicains dans plusieurs États, malgré leur ancrage historique à droite.
Le Kansas, État agricole du centre des États-Unis, est traditionnellement un bastion républicain. Aucun sénateur démocrate n'y a été élu depuis les années 1930. Pourtant, un sondage YouGov récent donne une avance de 3 points au démocrate Adam Hamilton, pasteur d'une méga-église, face au sénateur sortant républicain Roger Marshall. Cette situation a poussé les républicains à lancer une opération de sauvetage, avec des dépenses publicitaires supplémentaires et une visite de Trump pour tenter de renverser la tendance. Le Center for Politics de l'université de Virginie souligne que cette mobilisation est sans précédent, bien que les observateurs restent sceptiques quant à une victoire démocrate dans cet État.
Les élections de mi-mandat sont généralement défavorables au parti du président en exercice. Dans ce cas, Donald Trump fait face à une impopularité historique, avec une cote de popularité à seulement 33 %, selon un sondage Ipsos pour le Washington Post et ABC News publié le 15 octobre 2024. Cette baisse s'explique en grande partie par le mécontentement des électeurs concernant le coût de la vie. Trump, qui avait promis de réduire l'inflation en 2024, a échoué dans cet objectif, aggravant la situation avec des politiques de droits de douane et la participation à la guerre entre Israël et l'Iran. Ce mécontentement se traduit par des manifestations, comme celle organisée à Los Angeles sous le slogan No Kings, où des citoyens expriment leur rejet de la politique de Trump.
Les démocrates misent sur une vague bleue, c'est-à-dire une victoire massive, pour reprendre le contrôle du Sénat et de la Chambre des représentants. Pour y parvenir, ils ciblent des États où les républicains sont vulnérables, comme le Kansas, le Maine, l'Alaska, l'Ohio et même le Texas. Leur stratégie repose sur la mobilisation des électeurs mécontents, notamment face à la gestion économique de Trump. Malgré des dépenses publicitaires massives, les républicains peinent à rattraper leur retard dans certains États. Par exemple, en Caroline du Nord, les démocrates ont une avance si marquée que les républicains ont réduit leurs efforts pour se concentrer sur d'autres circonscriptions.
Le financement des campagnes joue un rôle crucial dans ces élections. Les démocrates ont réussi à lever plus de fonds que les républicains, malgré les contributions de figures comme Elon Musk, qui soutient Trump. Par exemple, l'organisation républicaine *Senate Leadership Fund* a dû annuler une campagne publicitaire en Caroline du Nord pour financer une nouvelle publicité au Kansas, où la situation est plus critique. Ces dépenses reflètent l'urgence ressentie par les républicains pour conserver leurs sièges. Les enjeux sont élevés : une perte de majorité au Congrès limiterait considérablement le pouvoir de Trump pour les deux dernières années de son mandat.

