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Environnement

La dessinatrice Laura Pozzi nous emmène dans «La Dernière Forêt» primaire d’Europe, à la rencontre de sa gardienne Simona Kossak

Vert.eco · mis à jour 30 sept.

Dans son premier roman graphique, fruit de dix années de travail, Laura Pozzi raconte l’histoire de la chercheuse et militante Simona Kossak. L’illustratrice lance un appel à protéger la dernière forêt primaire d’Europe, menacée par l’industrie du bois et politiques gouvernementales..

Un roman graphique engagé

La dessinatrice Laura Pozzi publie La Dernière Forêt, un roman graphique sorti en septembre 2026 aux éditions Actes Sud BD. Ce livre, fruit de dix ans de travail, raconte l’histoire de Simona Kossak, une chercheuse et militante polonaise qui a dédié sa vie à la protection de la forêt primaire de Białowieża, en Europe. L’ouvrage mêle illustrations colorées et dessins en noir et blanc, réalisés avec une encre issue d’écorce d’arbres brûlés dans l’incendie des Landes en 2022. Ce choix artistique symbolise la menace pesant sur cette forêt, l’une des dernières d’Europe à n’avoir jamais été exploitée par l’homme. L’autrice y explore à la fois le parcours d’une femme engagée et la fragilité d’un écosystème unique, menacé par l’industrie du bois et les politiques gouvernementales.

Simona Kossak, une vie pour la forêt

Simona Kossak, biologiste diplômée dans les années 1970, arrive en Pologne dans une région isolée, le nord-est du pays, après avoir été confrontée à la misogynie du milieu académique polonais. Elle y découvre un refuge isolé, Dziedzinka, au cœur de la forêt de Białowieża. Malgré des conditions de vie rudimentaires (sans électricité ni eau courante), elle y passe le reste de sa vie, développant une relation profonde avec les animaux locaux. Elle recueille notamment un marcassin qui vivra dix-neuf ans à ses côtés et est adoptée par un troupeau de chevreuils. Ses travaux en zoopsychologie (étude des émotions et du comportement des animaux) révolutionnent la compréhension des mammifères, démontrant qu’ils peuvent agir par plaisir et non seulement par instinct. Elle mène aussi des actions militantes contre la chasse et invente des systèmes pour protéger les animaux, comme des alertes sonores pour les trains.

Białowieża, joyau européen

La forêt de Białowieża, située à cheval entre la Pologne et la Biélorussie, est l’un des derniers vestiges de forêt primaire en Europe. Classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1979, elle abrite des espèces emblématiques comme les derniers bisons d’Europe et une biodiversité exceptionnelle. Pourtant, cette richesse est menacée par l’exploitation forestière soutenue par les gouvernements successifs. Depuis des décennies, des milliers d’arbres y sont abattus, perturbant gravement l’écosystème. Le roman graphique de Laura Pozzi met en lumière cette contradiction : une forêt primaire n’est pas seulement un ensemble d’arbres, mais un écosystème complexe où chaque être vivant dépend des autres. Sa disparition entraînerait la perte d’une partie de l’histoire naturelle européenne.

Une œuvre aux symboles forts

Laura Pozzi utilise des techniques artistiques pour renforcer le message écologique de son livre. Les illustrations en couleur, réalisées au crayon et à l’aquarelle, alternent avec des dessins en noir et blanc exécutés avec une encre fabriquée à partir d’écorce d’arbres brûlés lors de l’incendie des Landes en 2022. Ce choix visuel rappelle la fragilité des forêts face aux incendies et à l’exploitation humaine. Le livre souligne aussi l’interdépendance entre les êtres vivants : Simona Kossak a prouvé que les animaux peuvent ressentir des émotions et agir par choix, pas seulement par instinct. L’œuvre rappelle que préserver une forêt primaire, c’est protéger un monde où chaque espèce joue un rôle essentiel, et que sa destruction équivaut à effacer une page de l’histoire naturelle.

Ce que ça pourrait changer

À travers *La Dernière Forêt*, Laura Pozzi lance un appel à protéger les dernières forêts primaires d’Europe, comme celle de Białowieża. Le livre rappelle que ces écosystèmes sont irremplaçables et que leur disparition aurait des conséquences irréversibles sur la biodiversité. L’autrice met en avant le parcours de Simona Kossak, dont la vie illustre l’engagement pour le vivant, mais aussi les menaces qui pèsent sur ces milieux naturels. Le roman graphique, publié en septembre 2026, s’inscrit dans un contexte où les forêts primaires européennes sont de plus en plus exploitées, malgré leur statut de patrimoine mondial. L’ouvrage invite le lecteur à réfléchir à l’urgence de préserver ces espaces uniques avant qu’il ne soit trop tard.

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