«Jim Queen»: spandex rose et «gaitude» en péril
Dans ce film d’animation coquin aussi délirant que pertinent, un virus transforme les homosexuels en hétérosexuels..
Le film d'animation Jim Queen, réalisé par Nicolas Athané et Marco Nguyen, sort en 2026 et dure 85 minutes. Il raconte l'histoire de Jim Parfait, surnommé Jim Queen, une star narcissique et musclée de la communauté gaie parisienne. Jim, influenceur connu pour son spandex rose et son arrogance, découvre qu'il est atteint d'un virus fictif appelé l'hétérose. Ce virus transforme les homosexuels en hétérosexuels, ce qui menace son mode de vie et son identité. Pour trouver un remède, il s'associe à Lucien, un jeune homme timide qui n'a pas encore fait son coming out, dont la mère est une politicienne ouvertement homophobe. Le film mêle humour et réflexion sur des thèmes sérieux comme la santé ou les préjugés.
L'hétérose est une métaphore du VIH-sida, qui a fortement touché la communauté gaie dans les années 1980-1990. Le virus fictif représente aussi une critique des pseudos thérapies de conversion, des méthodes controversées visant à changer l'orientation sexuelle des personnes LGBTQ+. Par ailleurs, l'hétérose joue sur une peur absurde et irrationnelle que certains hétérosexuels pourraient avoir de « devenir » homosexuels par simple contact avec des personnes LGBTQ+, illustrant ainsi des mécanismes de rejet ou de refoulement. Le film utilise cette idée de manière absurde pour dénoncer les préjugés.
Le film se distingue par son style visuel exubérant et coloré, inspiré par l'animation japonaise et l'artiste Tom of Finland, connu pour ses dessins représentant des hommes musclés et virils. Les couleurs dominantes sont le rose et le mauve, renforçant l'univers kitsch et festif de la communauté gaie. Le film met en scène des archétypes de cette communauté, comme les gym queens (hommes musclés et narcissiques), les bears (hommes poilus et imposants), les daddies (hommes plus âgés dominant des partenaires plus jeunes), les cuirs (adeptes du cuir comme symbole de virilité) ou encore les twinks (jeunes hommes minces et imberbes). Ces termes sont expliqués au public par la drag queen Glamydia, qui guide le personnage de Lucien.
Au-delà de l'humour et de l'exubérance, le film aborde des thèmes profonds comme la solidarité au sein de la communauté LGBTQ+. Il montre comment ses membres se soutiennent face à l'adversité, tout en offrant une réflexion critique sur elle-même. Le film célèbre la diversité et la liberté d'expression, mais n'hésite pas à questionner certains excès ou stéréotypes internes. Les dialogues, crus mais jamais vulgaires, visent à faire rire sans tomber dans le choc gratuit. L'intrigue, rocambolesque, se déroule à un rythme soutenu sans temps mort, mêlant aventure, humour et émotion.
La critique souligne que *Jim Queen* est à la fois un film *délirant*, *corrosif* et *jouissif*, saluant son imagination et sa bienveillance. Il est sorti en France et en Belgique en 2026, avec une production franco-belge. Le film s'inscrit dans une tradition de cinéma d'animation adulte, souvent destiné à un public averti. Il rejoint des œuvres qui utilisent l'humour et l'absurde pour aborder des sujets sérieux, comme la santé publique ou les droits des minorités. Le titre joue sur le mot *queen*, terme anglais désignant une personne gay assumée, souvent avec une connotation de fierté et d'excentricité.

