« La pression, ça sert » : comment la « loi intégrale » contre les violences sexuelles est sortie du placard
Relancé par la mort de la jeune Lyhanna, collégienne de 11 ans dont le corps a été retrouvé début juin dans le Gers, le texte contre les violences sexistes et sexuelles, soutenu par une centaine de députés, sera examiné à l’Assemblée nationale à l’automne. Cette première étape de son examen législatif aurait pu ne jamais voir le jour..
Une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles (VSS) est une proposition législative visant à couvrir l’ensemble des aspects de ces violences dans la société. Elle a été portée par une centaine de députés de gauche et de la coalition gouvernementale en France fin 2025. Le terme VSS désigne les violences fondées sur le genre, incluant les agressions sexuelles, le harcèlement et les discriminations liées au sexe. Cette loi est qualifiée d’« intégrale » car elle ambitionne de traiter le problème de manière globale, sans se limiter à un seul domaine (comme le travail ou l’espace public). Elle répond à une demande récurrente des associations féministes, qui réclamaient une action législative forte, notamment après le mouvement #MeToo en 2017 et ses suites en France.
Déposée fin 2025, cette proposition de loi est restée discrète pendant six mois, sans attirer l’attention des médias ou des décideurs politiques. Cependant, sous la pression des associations et de l’opinion publique, elle a refait surface. Le 23 juin 2026, le Premier ministre français Sébastien Lecornu a annoncé devant l’Assemblée nationale que le texte serait examiné à l’automne 2026. Cette volte-face illustre l’influence de la mobilisation citoyenne et médiatique sur le calendrier législatif. L’Assemblée nationale, où siègent les députés, est le lieu où les lois sont discutées et votées en France.
Les associations féministes ont joué un rôle central dans la relance de ce texte. Depuis plusieurs années, elles dénoncent l’insuffisance des réponses politiques face aux violences sexistes et sexuelles, malgré les mobilisations comme #MeToo. En 2024, des personnalités publiques, dont l’actrice Juliette Binoche et la députée écologiste Sandrine Rousseau, ont signé une tribune intitulée « On persiste et on signe », réclamant une loi globale. Leurs slogans, comme « Urgence loi intégrale », ont marqué les manifestations et les réseaux sociaux, forçant les responsables politiques à réagir.
Plusieurs députés ont porté ce texte, notamment Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, ainsi que Véronique Riotton, David Taupiac, Guillaume Gouffier Valente, Céline Thiebault-Martinez, Karine Lebon et Arnaud Bonnet. Leur engagement a permis de maintenir le projet en vie malgré son passage dans l’ombre. L’Assemblée nationale, composée de 577 députés élus, est l’institution chargée de voter les lois en France. La promesse du Premier ministre d’examiner le texte à l’automne 2026 montre l’importance accordée à cette question dans l’agenda politique.
Le mouvement *#MeToo*, né en 2017 aux États-Unis, a eu un écho fort en France, où il a encouragé des milliers de femmes à témoigner de violences sexistes et sexuelles. En 2024, des centaines de personnalités françaises ont réitéré leur soutien à cette cause, montrant que le débat reste d’actualité. Ce contexte a créé un terreau favorable pour une loi ambitieuse, même si son adoption n’est pas encore garantie. Les violences sexistes et sexuelles restent un enjeu majeur en France, avec des milliers de cas signalés chaque année, bien que beaucoup ne soient pas rapportés aux autorités.

