Qui parle des jeunes dont on ne parle pas?
Ce n’est pas la parole des jeunes qui manque, c’est sa place dans la campagne électorale..
L’article souligne que les jeunes sont peu entendus lors de la campagne électorale québécoise de 2022, malgré leur importance dans la société. Les débats des chefs et les promesses électorales se concentrent sur des enjeux comme la guerre tarifaire avec les États-Unis, la réduction de taxes ou les infrastructures, mais négligent les préoccupations spécifiques des jeunes. Pourtant, ces derniers sont actifs dans la société et méritent une attention particulière. Les auteurs, Mathieu Mallet et Jennifer Robillard, rappellent que la parole des jeunes existe, mais qu’elle n’est pas suffisamment intégrée aux discussions politiques. Par exemple, en 2022, seulement 54 % des 18 à 34 ans ont voté aux élections provinciales, un taux plus faible que dans d’autres groupes d’âge. Les partis politiques sont donc invités à inclure les jeunes dans les débats et à répondre à leurs besoins concrets.
L’article met en lumière les défis quotidiens des jeunes en situation de vulnérabilité au Québec. Il s’agit de jeunes âgés de 13 à 30 ans, confrontés à des difficultés variées : précarité alimentaire, financière, résidentielle ou liée à l’emploi. Par exemple, 45 % des jeunes de 19 à 25 ans ont déjà vécu au moins un épisode d’insécurité alimentaire, selon une étude de l’Université de Montréal. Près de 40 % des jeunes ayant été placés sous la protection de la jeunesse quittent l’école l’année suivant leur majorité. Dans certaines régions comme la Haute-Gaspésie, des jeunes de 17 ans doivent quitter leur foyer pour poursuivre leurs études, sans logement ni réseau, ce qui les pousse parfois à abandonner en cours de route. Ces réalités montrent que les jeunes ne forment pas un groupe homogène et que leurs besoins sont divers et complexes.
Les jeunes en situation de vulnérabilité dépendent de services publics et communautaires pour surmonter leurs difficultés, mais ces services sont souvent inaccessibles ou sous-financés. Dans les écoles, le manque de professionnels en intervention psychosociale ou en orientation limite le soutien aux jeunes, ce qui peut aggraver leurs difficultés. Dans le réseau de la santé et des services sociaux, l’accès à des services adaptés, notamment pour la santé mentale, reste difficile. Les organismes communautaires, qui jouent un rôle clé comme filet de sécurité pour certains jeunes, manquent de financement flexible pour répondre à leurs besoins évolutifs. Par exemple, près de 400 intervenants jeunesse issus de 292 organismes ont observé une aggravation de la précarité chez les jeunes au printemps 2022. Ces ruptures de service compliquent la construction de leur avenir.
Les auteurs de l’article, représentant plusieurs organisations jeunesse, appellent les partis politiques à s’engager concrètement pour les jeunes avant les élections du 5 octobre 2022. Ils soulignent que les jeunes ne sont pas seulement des électeurs à mobiliser, mais des citoyens dont les préoccupations doivent être prises au sérieux. Les partis sont invités à répondre à trois questions précises : comment ils comptent répondre aux besoins essentiels des jeunes, éviter les ruptures de parcours dans les écoles et les services sociaux, et inclure les jeunes dans les décisions qui les concernent. Les organisations signataires, comme la Coalition Interjeunes ou le Collectif autonome des Carrefours jeunesse-emploi du Québec, regroupent près de 500 organismes et accompagnent plus de 300 000 jeunes chaque année. Leur caravane, lancée le 12 août 2022, sillonne le Québec pour rappeler cette exigence.

