Il est possible de vivre en ville sans voiture
Maxime Tremblay s’est débarrassé de sa Volkswagen rouge il y a quatre ans. Il ne l’a jamais regretté..
Maxime Tremblay, un entrepreneur en informatique de Montréal âgé de 56 ans, a possédé 19 voitures depuis l'obtention de son permis à 16 ans. En août 2022, il a vendu sa Volkswagen rouge et a adopté un mode de vie sans voiture. Il vit dans le quartier de Rosemont avec sa conjointe et leur fille. Son expérience a commencé par une tentative temporaire, mais quatre ans plus tard, il décrit cette vie comme «merveilleuse» et «libératrice». Il a récemment publié un livre intitulé Ça roule pour moi. Le virage d’un gars de char aux Éditions Château d’encre pour partager son récit.
Maxime Tremblay souligne que vivre sans voiture permet des économies significatives. Le prix moyen d'une voiture neuve au Québec dépasse 63 000 $, tandis qu'une voiture d'occasion coûte environ 36 000 $. À cela s'ajoutent les dépenses mensuelles élevées pour l'essence (environ 2 $ le litre), l'entretien, les assurances et les réparations. La famille Tremblay a économisé environ 4 000 $ par an après avoir vendu sa voiture, ce qui leur a permis de financer un voyage au Grand Canyon. Les coûts liés à la possession d'une voiture incluent également des frais récurrents comme le nettoyage des rues (avec des contraventions en cas d'oubli) et le déneigement en hiver.
Maxime Tremblay explique que vivre sans voiture réduit considérablement le stress lié aux déplacements. Par exemple, contourner des chantiers de voirie à vélo est plus simple et moins frustrant qu'en voiture, surtout dans une ville comme Montréal où les déviations sont fréquentes. Il apprécie également la légèreté et la simplicité de ce mode de vie : plus besoin de gérer les réparations, les changements d'huile ou les négociations avec les assureurs. La famille a découvert une vie de quartier plus agréable, avec des interactions accrues avec les commerçants et les voisins, et une meilleure connaissance de leur environnement immédiat.
Maxime Tremblay et sa famille utilisent un mélange de transports pour se déplacer : vélo (notamment le Réseau express vélo ou REV), métro, bus, train, autopartage et marche. Leur principale solution est l'autopartage avec Communauto et Leo, qui leur donne accès à 150 véhicules Flex à proximité de leur domicile. Ces véhicules sont accessibles sans réservation, selon le principe du premier arrivé, premier servi. La famille dépense en moyenne 300 $ par mois pour ces services, ce qui inclut l'essence et les assurances. Maxime apprécie particulièrement la diversité des modèles disponibles, allant des minifourgonnettes aux voitures électriques.
Maxime Tremblay reconnaît que vivre sans voiture n'est pas adapté à tout le monde. Par exemple, les familles avec enfants en bas âge, les travailleurs manuels transportant du matériel, ou les personnes vivant en région éloignée des grands centres urbains peuvent rencontrer des difficultés majeures. Il souligne également que les services de transport en commun (autocars, trains) sont souvent insuffisants en dehors des zones urbaines densément peuplées. Enfin, il note que les horaires des transports publics ne correspondent pas toujours aux besoins des usagers, comme en témoignent les retards et les difficultés de stationnement lors d'événements.
L'auteur explique que la culture de la voiture est profondément ancrée en Amérique du Nord, notamment au Québec, où l'aménagement urbain a longtemps privilégié l'automobile depuis la Seconde Guerre mondiale. Il compare cette situation à d'autres régions du monde où les transports collectifs sont mieux développés. Maxime Tremblay critique le monopole de la voiture dans les déplacements quotidiens et propose de «se déprogrammer» de l'idée selon laquelle posséder une voiture est une nécessité absolue. Il insiste sur le fait qu'il ne milite pas pour l'élimination totale des voitures, mais pour une diversification des modes de transport.
La publication du livre de Maxime Tremblay a suscité des réactions variées sur les réseaux sociaux. Certains internautes ont exprimé des doutes, comme la difficulté de se déplacer avec des enfants ou de transporter du matériel pour le travail. D'autres ont souligné les contraintes liées à la vie en région. L'auteur répond que ces critiques sont valables et que son mode de vie n'est pas universel. Il précise qu'il ne cherche pas à convaincre tout le monde, mais simplement à partager son expérience. Environ un tiers des Montréalais ne possèdent pas de voiture, que ce soit par choix ou par nécessité, et une proportion similaire d'Américains vit sans automobile.

