Au Brésil, Lula et Flavio Bolsonaro bouclent leur campagne avant un scrutin serré
Le premier tour de l’élection présidentielle a lieu dimanche..
Le Brésil organise le premier tour de son élection présidentielle ce dimanche 3 octobre 2026, dans un contexte de forte tension politique. Deux candidats principaux s’affrontent : Luiz Inácio Lula da Silva, surnommé Lula, président sortant de gauche âgé de 81 ans, et Flavio Bolsonaro, sénateur de 45 ans, fils de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro. Lula brigue un quatrième mandat non consécutif, après avoir déjà gouverné le pays de 2003 à 2010, puis de 2011 à 2016. Flavio Bolsonaro, quant à lui, représente la droite conservatrice et espère capitaliser sur une tendance régionale favorable aux mouvements conservateurs, comme en Argentine ou en Colombie. Les sondages indiquent une course très serrée entre les deux hommes, avec une probabilité élevée d’un second tour prévu le 25 octobre 2026 pour les départager.
À la veille du scrutin, les deux candidats ont mené des campagnes intenses pour mobiliser leurs électeurs. Lula a choisi São Paulo, la plus grande ville d’Amérique latine, pour un bain de foule symbolique, reprenant une stratégie qui lui avait réussi en 2022. Ses partisans, vêtus de rouge (couleur de son parti, le Parti des travailleurs), scandent des slogans comme Make Lula president again, en écho au slogan de Donald Trump Make America great again. Flavio Bolsonaro, lui, a participé à un cortège de motards dans l’État de São Paulo, parcourant une vingtaine de kilomètres pour rallier ses soutiens. Les deux hommes se sont lancés des attaques répétées, notamment sur les questions économiques et sécuritaires, mais aucun débat télévisé direct n’a eu lieu entre eux. Les enjeux de cette élection sont suivis de près par le président américain Donald Trump, allié de Jair Bolsonaro, actuellement assigné à résidence après une condamnation à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État.
Les deux candidats défendent des visions opposées pour le Brésil. Lula met en avant la souveraineté nationale et critique l’influence des États-Unis, accusant Donald Trump de vouloir s’emparer des ressources brésiliennes, comme les terres rares (minéraux stratégiques utilisés dans les technologies modernes). Ses partisans, comme Tiago Lorureto, comptable de 35 ans, estiment que Lula défend les intérêts du pays face à une ingérence étrangère. À l’inverse, Flavio Bolsonaro et ses soutiens, comme Eliane Boscolo, femme au foyer de 47 ans, dénoncent un manque de démocratie et une vie quotidienne difficile, avec des slogans comme Dieu, famille, patrie. La droite reproche à la gauche la hausse du coût de la vie et l’insécurité, tandis que des enquêtes judiciaires ont aussi touché Flavio Bolsonaro, visé pour corruption et blanchiment d’argent. Ces scandales ont marqué la campagne, bien plus que le débat d’idées.
L’élection brésilienne intéresse particulièrement les États-Unis, où Donald Trump suit le scrutin de très près. Bien qu’il n’ait pas officiellement soutenu Flavio Bolsonaro, il l’a reçu à la Maison Blanche en mai 2026, renforçant les liens entre les deux pays. Cette relation est d’autant plus surveillée que le Brésil, avec ses vastes ressources naturelles, est perçu comme un acteur clé en Amérique latine. Lula a utilisé cette dimension internationale pour mobiliser ses électeurs, en présentant son élection comme un rempart contre une domination américaine. Les partisans de Flavio Bolsonaro, comme Marcelo Peressim, commerçant de 50 ans, appellent quant à eux à un changement immédiat, reflétant un mécontentement plus large envers le gouvernement sortant. L’issue de ce scrutin pourrait donc avoir des répercussions bien au-delà des frontières brésiliennes.
À la veille du vote, certains Brésiliens restent indécis, comme Patrícia Catherine de Sousa, habitante de Rio de Janeiro âgée de 35 ans. Elle décrit le débat politique comme une *perte de temps* mais reconnaît l’importance de bien voter pour éviter des regrets. Cette hésitation reflète la polarisation de la société brésilienne, où les deux camps s’opposent farouchement. Les électeurs doivent choisir entre deux visions radicalement différentes : d’un côté, une gauche défendant les programmes sociaux et la souveraineté nationale, de l’autre, une droite conservatrice axée sur l’ordre, la famille et les valeurs traditionnelles. Le résultat du premier tour, prévu pour dimanche, déterminera si un second tour sera nécessaire pour trancher ce duel serré.

