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Environnement

Congé climatique, «journée intensive»… Pour concilier travail et chaleur, la France pourrait s’inspirer de solutions espagnoles

Vert.eco · mis à jour il y a 10 j

Au fil des années, l'Espagne a mis en place une série de mesures pour protéger les travailleur·ses face à des étés toujours plus chauds. À la recherche de bons tuyaux, le ministre français du travail s’est rendu à Madrid mercredi.

Voyage d'étude espagnol

Le ministre français du travail, Jean-Pierre Farandou, s’est rendu en Espagne le 10 septembre 2026 pour étudier les mesures mises en place par ce pays afin de protéger les travailleur·ses face aux fortes chaleurs estivales. Accompagné de représentant·es de syndicats (comme Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT) et du patronat, il a rencontré son homologue espagnole Yolanda Díaz, ministre du travail et figure de la gauche. L’objectif était de comprendre comment l’Espagne, habituée aux canicules, gère l’impact de la chaleur sur le monde professionnel. Cette visite s’inscrit dans un contexte où la France a connu l’été 2026 le plus chaud jamais enregistré, avec 7 300 décès excédentaires liés à la chaleur selon Santé publique France, dont 14 directement au travail selon la CGT.

Journée intensive espagnole

L’Espagne applique une mesure appelée «journée intensive» (ou «journée continue»), qui consiste à commencer le travail plus tôt (dès 6h sur les chantiers ou 7h30 dans les bureaux) et à terminer vers 14h ou 15h, sans pause déjeuner. Cette organisation permet d’éviter les heures les plus chaudes de la journée, réduisant ainsi les risques pour la santé des travailleur·ses. Elle est généralement en vigueur de fin juin à début septembre, selon les régions, et doit être prévue par une convention collective ou un contrat de travail. Environ la moitié des entreprises espagnoles l’appliquent. Bien que cette mesure améliore la productivité selon la ministre Yolanda Díaz, elle présente des limites : elle ne couvre pas tous les secteurs (comme la métallurgie ou la cimenterie) et s’arrête début septembre, alors que les températures peuvent encore dépasser 40°C en Andalousie.

Alerte météo et sanctions

Depuis 2023, les employeur·ses espagnol·es ont l’obligation légale d’adapter les conditions de travail en cas de forte chaleur, notamment lorsque l’agence météorologique nationale (Aemet) émet une alerte orange ou rouge. Les mesures peuvent inclure la réduction des horaires, l’interdiction de certaines tâches en extérieur, ou même la fermeture des terrasses des bars et restaurants en cas d’alerte rouge ou de températures supérieures à 42°C, sous peine d’amendes pouvant atteindre 50 000 €. Les sanctions pour non-respect des règles ont doublé entre 2022 et 2025, passant de 706 000 € à 1,56 million d’euros, principalement dans les secteurs de la construction et de l’agriculture. Cependant, les syndicats dénoncent des lacunes, avec 3 830 accidents liés à la chaleur en 2025, soit près du double par rapport à 2024.

Congé climatique espagnol

L’Espagne a instauré un «congé climatique» le 28 novembre 2024, offrant quatre jours de congés payés par an en cas de «situation de risque grave et imminent», incluant les fortes chaleurs et les catastrophes naturelles. Ce dispositif a été créé après les inondations meurtrières de Valence en octobre 2024. Contrairement à une déclaration initiale du ministre français Jean-Pierre Farandou, les fortes chaleurs sont bien couvertes par ce congé. En France, une proposition de loi portée par les Écologistes vise à instaurer cinq jours de congés payés en cas d’alerte rouge météo. Actuellement, la France dispose déjà d’un «régime de chômage-intempéries» pour le secteur du BTP, mais la CGT et d’autres syndicats demandent son extension à tous les secteurs.

Ce que ça pourrait changer

L’Espagne applique depuis 1997 un décret imposant des températures maximales dans les lieux de travail : 27°C dans les bureaux et 25°C pour les activités physiques *«légères»*. Ces règles visent à protéger les travailleur·ses des effets de la chaleur. En France, le ministre Jean-Pierre Farandou a indiqué privilégier le dialogue social avec les syndicats et le patronat pour adapter le code du travail, plutôt qu’une procédure législative. Un groupe de travail doit rendre ses conclusions d’ici fin 2026 ou début 2027, mais des divergences persistent entre les parties prenantes.

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