Élections Québec en Alberta pour prêter main-forte lors du référendum
C'est Élections Alberta qui en a fait la demande à son homologue du Québec..
À la demande du gouvernement albertain, Élections Québec, l’organisme public chargé d’organiser les élections au Québec, enverra une équipe en Alberta pour aider à organiser le référendum prévu le 19 octobre 2026. Cette équipe, composée de membres bilingues, aura pour mission principale d’aider au dépouillement des bulletins de vote. Le Québec a été choisi en raison de son expérience en matière de référendums, notamment ceux de 1980 et 1995 sur la souveraineté. Cette collaboration illustre une forme de solidarité entre provinces canadiennes, où des expertises sont partagées pour garantir la transparence et l’efficacité d’un scrutin complexe.
Le référendum albertain du 19 octobre 2026 portera sur dix questions, dont la plus médiatisée concerne la possibilité pour l’Alberta de tenir un référendum d’autodétermination, c’est-à-dire de demander l’indépendance du Canada. Les votes sur cette question seront traités en priorité lors du dépouillement. Environ 3 millions d’Albertains sont appelés à voter, ce qui représente une participation massive pour une province de 4,7 millions d’habitants. Ce scrutin est perçu comme historique, car il pourrait redéfinir les relations entre l’Alberta et le reste du Canada.
L’Alberta a interdit l’utilisation de tabulatrices électroniques (machines électroniques pour compter les votes) depuis mai 2024, une décision prise pour restaurer la confiance des électeurs dans le processus électoral. Le dépouillement des bulletins se fera donc manuellement, une méthode plus lente mais jugée plus transparente par les autorités. Par ailleurs, plus de 175 000 Albertains ont opté pour le vote par correspondance, soit trois fois plus qu’en 2023 lors de la dernière élection provinciale. Cette forte demande reflète l’importance accordée à ce référendum et complexifie son organisation.
Le référendum albertain fait l’objet de craintes concernant des ingérences étrangères, notamment américaines et russes. Ces inquiétudes sont alimentées par des tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis, ainsi que par des campagnes de désinformation en ligne. Des chercheurs de l’Université de Regina ont identifié des contenus conspirationnistes (théories du complot) diffusés sur les réseaux sociaux, notamment par des comptes liés au mouvement MAGA (acronyme de Make America Great Again). Pour y faire face, Élections Alberta a créé une équipe dédiée à la lutte contre la désinformation et les hypertrucages (ou deepfakes, des vidéos ou audios truqués de manière réaliste).
La première ministre albertaine, Danielle Smith, a obtenu la *cote de sécurité la plus élevée* (niveau *top secret*), lui permettant d’accéder à des informations sensibles du *SCRS* (Service canadien du renseignement de sécurité) pour protéger le référendum. Cette mesure souligne l’importance stratégique de ce scrutin et les risques perçus. Élections Alberta a également renforcé ses protocoles pour éviter toute manipulation du processus électoral. Malgré ces précautions, l’organisation de ce référendum représente un défi logistique et sécuritaire majeur pour la province.

