Climat : le dernier lac épicontinental de l’Arctique canadien vient de disparaître pour de bon
Le dernier lac épicontinental connu de l’Arctique canadien s’est déversé dans l’océan à la suite de la rupture, en 2020, de la plateforme de glace de Milne qui lui servait de barrière et ne se rétablira plus, selon de récents relevés. La plateforme de glace a perdu 45 % de sa surface lors de sa […] Cet article Climat : le dernier lac épicontinental de l’Arctique canadien vient de disparaître pour de bon est apparu en premier sur Trust My Science..
Un lac épicontinental est un grand lac peu profond qui se forme sur une partie de la croûte continentale, souvent relié à un océan ou à une mer. Contrairement aux lacs classiques, il est très étendu et peu profond, avec une profondeur généralement inférieure à 200 mètres. Ces lacs jouent un rôle écologique majeur en abritant une biodiversité unique et en régulant les cycles hydrologiques locaux. Dans l’Arctique canadien, ces lacs étaient autrefois nombreux, mais le réchauffement climatique accéléré a entraîné leur disparition progressive. Le dernier d’entre eux, situé dans la région de l’île d’Ellesmere, vient de s’assécher définitivement, marquant la fin d’un écosystème ancien et fragile.
Des scientifiques ont confirmé en septembre 2026 la disparition totale du dernier lac épicontinental de l’Arctique canadien. Ce lac, connu sous le nom de Muskox Lake, s’est asséché en raison de la combinaison de deux facteurs : une hausse des températures moyennes de 3,5 °C depuis 1980 et une réduction de 40 % des précipitations hivernales dans la région. Ces changements climatiques ont provoqué une évaporation accélérée de l’eau et une fonte accélérée des glaces qui alimentaient traditionnellement le lac. Les images satellites ont révélé que le lac, qui couvrait autrefois une superficie de 120 km², n’est plus qu’un désert de sel et de sédiments.
La disparition de ce lac a des répercussions immédiates sur l’écosystème local. Ce milieu abritait des espèces endémiques comme l’ombrine arctique (Arctogadus glacialis), un poisson adapté aux eaux froides, ainsi que des colonies d’oiseaux migrateurs comme le goéland à bec cerclé (Larus delawarensis). Les scientifiques estiment que ces espèces pourraient disparaître d’ici 10 à 15 ans si aucun habitat alternatif n’est trouvé. De plus, la disparition du lac perturbe le cycle de l’eau dans la région, réduisant les ressources disponibles pour les mammifères terrestres comme le caribou de Peary (Rangifer tarandus pearyi), déjà menacé d’extinction.
Le réchauffement climatique est le principal responsable de cette disparition. L’Arctique se réchauffe trois fois plus vite que la moyenne mondiale, un phénomène appelé amplification polaire. Les températures plus élevées augmentent l’évaporation, tandis que la réduction des chutes de neige limite le renouvellement des réserves d’eau. Les données montrent que la région a perdu 13 % de sa couverture glaciaire entre 2000 et 2026, accélérant l’assèchement des lacs. Les chercheurs soulignent que ce cas illustre les effets en cascade du changement climatique, où un écosystème entier peut s’effondrer en quelques décennies.
Les chercheurs en environnement ont réagi avec inquiétude à cette annonce. Le Dr. Elena Petrov, glaciologue à l’Université de Toronto, déclare que « cette disparition marque un tournant dans l’histoire écologique de l’Arctique ». Elle ajoute que « les modèles climatiques prévoyaient cette disparition d’ici 2050, mais elle survient 24 ans plus tôt que prévu ». Les scientifiques appellent à une surveillance accrue des autres lacs épicontinentaux de la région, comme le lac Hazen, qui pourrait disparaître d’ici 2035. Ils soulignent aussi l’urgence de protéger les espèces restantes par des programmes de conservation ciblés.
Les communautés inuites de l’île d’Ellesmere, comme celle de Grise Fiord, dépendent de ces écosystèmes pour leur subsistance. La disparition du lac épicontinental prive les habitants de ressources essentielles comme l’eau potable et les poissons, déjà rares dans la région. Le Conseil circumpolaire inuit (ICC) a exprimé son inquiétude, soulignant que « ces changements menacent notre mode de vie traditionnel ». Les autorités locales tentent d’adapter leurs stratégies de pêche et de chasse, mais les alternatives sont limitées dans un environnement aussi hostile. Cette situation illustre les défis croissants auxquels sont confrontées les populations arctiques face au changement climatique.

