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Généraliste

Les Canadiens sont favorables à ce qu’Ottawa devienne «membre associé» de l’UE

Le Devoir · mis à jour 24 sept.

Ils voient d’un bon œil la perspective que les firmes canadiennes aient un meilleur accès aux marchés européens..

Soutien des Canadiens

Un sondage réalisé par l'institut Léger du 19 au 21 septembre révèle que 70 % des Canadiens soutiennent l'idée que le Canada devienne un membre associé de l'Union européenne (UE). Ce statut, encore en discussion, permettrait aux entreprises canadiennes d'accéder plus facilement aux marchés européens. Seuls 13 % des répondants s'y opposent, tandis que 18 % restent indécis. Le soutien est particulièrement marqué chez les aînés, avec près de 80 % d'avis favorables, et dans les provinces de Québec et d'Ontario, où plus de 70 % des habitants sont pour cette proposition. À l'inverse, les résidents du Manitoba et de la Saskatchewan montrent moins d'enthousiasme, avec plus d'un quart d'opinions défavorables et un autre quart d'indécis. Selon Andrew Enns, vice-président exécutif du centre du Canada chez Léger, cette différence pourrait s'expliquer par un moindre contact avec l'Europe dans ces provinces.

Avantages économiques

L'un des principaux attraits d'un statut de membre associé pour le Canada serait un meilleur accès des entreprises canadiennes aux marchés européens, et réciproquement. Selon le sondage, cette perspective recueille plus de 60 % de soutien dans la plupart des provinces, à l'exception notable du Manitoba et de la Saskatchewan, où ce chiffre tombe à 44 %. D'autres avantages potentiels, comme une collaboration accrue en matière de défense ou une plus grande flexibilité pour vivre, travailler ou étudier de part et d'autre de l'Atlantique, obtiennent également un soutien supérieur à 50 % dans l'ensemble du pays. Ces éléments pourraient renforcer les échanges commerciaux et les liens économiques entre le Canada et l'Europe, tout en diversifiant les partenariats du Canada, actuellement très orientés vers les États-Unis.

Ligne rouge : lois inchangées

Malgré leur soutien global à l'idée, les Canadiens refusent catégoriquement de modifier leurs lois ou réglementations pour s'aligner sur celles de l'UE. Seuls 25 % des répondants seraient plus enclins à soutenir un accord si cela impliquait un tel alignement, tandis que 30 % seraient moins favorables. Cette position constitue une ligne rouge pour la majorité des Canadiens, qui semblent attachés à leur souveraineté législative. Cette réticence est particulièrement marquée chez les aînés, qui voient dans ce partenariat une opportunité de réduire la dépendance du Canada envers les États-Unis, tout en évitant toute perte de contrôle sur leurs propres règles.

Contexte politique

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a ouvert la voie à des négociations pour permettre au Canada de devenir le premier membre associé de l'UE, lors d'un discours prononcé la semaine dernière. Le lendemain, le premier ministre canadien Mark Carney a réaffirmé devant le Parlement européen l'ambition du Canada de renforcer ses liens avec l'Europe, notamment dans des domaines stratégiques comme les minéraux critiques, la défense, l'intelligence artificielle, la sécurité énergétique et les services financiers. Ces déclarations s'inscrivent dans un contexte où le Canada cherche à diversifier ses partenariats économiques et politiques, notamment face aux tensions commerciales avec les États-Unis sous l'administration Trump. Un sommet à Montréal en octobre devrait préciser les contours de ce statut de membre associé.

Ce que ça pourrait changer

Le sondage Léger a été réalisé en ligne auprès de 1 533 personnes entre le 19 et le 21 septembre. Il révèle que les aînés sont les plus favorables à cette idée (près de 80 %), suivis des habitants du Québec et de l'Ontario (plus de 70 %). À l'inverse, les Manitobains et les Saskatchewanais sont moins enthousiastes ou moins informés, avec 25 % d'opinions défavorables et 25 % d'indécis. Le Conseil de recherche et d'intelligence marketing canadien souligne que les sondages en ligne ne permettent pas d'attribuer une marge d'erreur, car ils ne reposent pas sur un échantillonnage aléatoire de la population. Ces résultats reflètent une volonté de diversification des partenariats, mais aussi des différences régionales dans la perception des avantages économiques et culturels de l'Europe.

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